Sénégal : un fichier électoral controversé

  • 12 août 2016

Par Nadège Sinarinzi, correspondante à Dakar

Abdoulaye Daouda Diallo Copyright de l’image Google
Image caption Abdoulaye Daouda Diallo, le ministre sénégalais de l'Intérieur

L'assemblée nationale sénégalaise a adopté un projet de loi portant refonte partielle du fichier électoral, malgré le désaccord entre la majorité et les députés de l'opposition.

Ces deux camps ont eu une divergence profonde de vues sur le projet de loi défendu devant eux par le ministre de l'Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo.

Après deux heures de discussion, les députés n'ont pas pu arriver à un consensus autour des inscriptions sur les listes électorales surtout, l'un des points du texte.

Selon le projet de loi restant à promulguer par le président de la République, au moment de son inscription en vue de l'obtention de la carte nationale d'identité biométrique, chaque électeur peut dire aux services du ministère de l'Intérieur s'il s'est inscrit ou pas sur les listes électorales.

Les députés de l'opposition dénoncent cette disposition du texte, en faisant valoir qu'un citoyen n'est pas obligé de faire le point de son inscription sur les listes électorales en demandant une carte nationale d'identité.

"On ne peut pas être d'accord sur tout"

L'essentiel, pour les députés de la majorité, c'est que le fichier électoral doit faire l'objet d'une refonte, pour que soient retirés les noms des électeurs décédés et ajoutés ceux des personnes venant d'atteindre la majorité.

"L'opposition veut nous amener à un débat insensé. Elle veut faire croire qu'il y a une fraude qui se prépare, alors que la refonte du fichier électoral s'impose", affirme Abdou Mbow, un député de la majorité.

Les députés de l'opposition dénoncent des fraudes en vue et accusent le président Macky Sall de vouloir imposer ses décisions concernant le fichier électoral.

Thierno Bocoum a dénoncé, en présence du ministre de l'Intérieur, "une décision unilatérale" du gouvernement concernant la refonte prévue du fichier électoral.

Selon Abdoulaye Daouda Diallo, les discussions peuvent continuer, mais le calendrier électoral doit être respecté.

Une allusion faite aux élections législatives de 2017.

"On ne peut pas être d'accord sur tout (…) On va continuer la discussion", a dit M. Diallo.

Selon le projet de loi, les militaires, qui votaient une semaine avant les civils, vont désormais voter en même temps que ces derniers.

Sur le même sujet

Lire plus