Nigeria : des lycéennes de Chibok apparaissent dans une vidéo

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Image caption Dans la vidéo, un homme masqué se tient debout devant un groupe de jeunes filles.

Angoisse et espoir chez les familles de Chibok après la diffusion par Boko Haram d'une vidéo de jeunes filles présentées comme les lycéennes enlevées il y a plus de deux ans.

Sur la vidéo, on voit un homme masqué debout, devant un groupe de 50 jeunes filles, toutes portant un voile et une longue robe.

Face à la caméra, l'homme affirme que beaucoup des lycéennes de Chibok ont été tuées dans les bombardements aériens de l'armée nigériane.

Il demande ensuite à une des jeunes filles de dire ce qu'elle souhaite de la part du gouvernement.

Celle-ci urge les autorités d'Abuja de libérer les prisonniers de Boko Haram afin qu'elle-même soit libérée ainsi que ses camarades.

Un homme a confié à la BBC avoir reconnu sa fille sur la vidéo.

'J'ai regardé la vidéo plusieurs fois. Oui, j'ai vu ma fille', a affirmé Samuel Yaga, le père d'une des jeunes filles enlevées. 'On dit que beaucoup d'entre elles ont été blessées, je l'ai vue assise. Vous savez, l'épreuve change les gens. On dit qu'elles souffrent vraiment. Avant ce jour, je n'ai jamais poser les yeux sur elle depuis son enlèvement.'

Samuel Yaga décrit la douleur des familles des jeunes filles enlevées : 'nous sommes submergés par un sentiment de dépression. C'est comme si on est battu et qu'on nous empêche de pleurer. Vous regardez impuissant votre fille, mais je ne peux rien faire.'

Image caption L'une des lycéennes répond aux questions posées par un combattant de Boko Haram.

L'enlèvement par Boko Haram de plus de 200 adolescentes du lycée pour filles de Chibok, le 14 mai 2014, avait provoqué une vague d'indignation au Nigeria et dans le monde entier.

57 d'entre elles avaient réussi à s'échapper dans les heures qui ont suivi leur enlèvement.

En mai dernier, une des lycéennes encore entre les mains de Boko Haram avait été découverte pendant une patrouille d'une milice locale et de l'armée dans la forêt de Sambisa, considérée comme le bastion de Boko Haram.