Guinée-Bissau : la Cédéao nomme un représentant

Marcel Alain de Souza, Cédéao
Image caption Marcel Alain de Souza, le président de la Commission de la Cédéao

La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a désigné le diplomate ivoirien Blaise Diplo comme son représentant résident en Guinée-Bissau.

La nomination de M. Diplo survient dans un contexte marqué par le blocage des institutions consécutif à la nomination, fin mai, du Premier ministre Baciro Dja.

La mission du diplomate ivoirien s'avère compliquée.

La crise est tellement profonde que depuis trois mois, le gouvernement de M. Dja n'a toujours pas réussi à soumettre son programme de politique générale à l'Assemblée nationale.

Le représentant résident de la Cédéao est arrivé à Bissau avec une délégation conduite par le président de la Commission de l'organisation régionale, Marcel Alain de Souza.

Les membres de la délégation vont rencontrer les acteurs de la crise politique bissau-guinéenne, dont le Premier ministre Baciro Dja et le chef de l'Etat José Mário Vaz.

Ils vont aussi s'entretenir avec le président de l'Assemblée nationale et Domingos Simões Pereira, le leader du PAIGC, le parti au pouvoir.

C'est la première fois, depuis le début de la crise politique ouverte en 2015, que le président de la Commission de la Cédéao se rend en personne en Guinée-Bissau.

L'organisation régionale avait jusque-là laissé à son émissaire, l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, le soin de trouver un compromis entre les deux parties.

Mais la médiation de M. Obasanjo n'a pas permis de sortir le pays de la crise.

Cercle de décision

La Cédéao, qui maintient une force d'attente d'environ 500 hommes en Guinée-Bissau, espère définitivement trouver une solution, grâce à l'intervention de son représentant résident.

La crise politique a commencé en août 2015, après le limogeage de M. Pereira du poste de chef du gouvernement, un départ qu'il n'avait pas accepté.

L'ex-Premier ministre avait accusé le président Vaz de vouloir illégalement l'éloigner du cercle de décision.

Depuis lors, M. Pereira est soupçonné par le gouvernement de manœuvrer secrètement pour saper les actions gouvernementales.

Le président et le premier vice-président de l'Assemblée nationale auraient refusé de convoquer la session parlementaire devant permettre aux députés d'examiner le programme de politique générale de l'exécutif, selon le porte-parole du gouvernement, Aristides Ocanti Da Silva.

Il soutient que les deux responsables du Parlement privilégiaient l'agenda du parti sur les intérêts du pays.

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