CPI-Mali: Ahmed Al Mahdi à la barre

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Image caption Ahmed Al Mahdi devant la justice internationale pour destruction des Mausolées à Tombouctou

C'est ce lundi matin que s'ouvre à la Cour pénale internationale le procès d'Ahmed Al Mahdi, ancien djihadiste d'Ansar Dine.

Il est poursuivi pour destruction des Mausolées de Tombouctou au début de l'été 2012, lors de l'occupation de cette ville historique par les djihadistes d'Ansar Dine et d'Al Qaïda au Maghreb Islamique.

Coupable

Il a accepté de plaider coupable de crime de guerre.

Ahmed Al Mahdi, chef de la brigade des mœurs au moment des faits, reconnait avoir détruit neuf Mausolées de Tombouctou.

Mais il n'est pas pour autant un repenti expliquent ses avocats.

Le chef de la brigade des mœurs sous l'occupation djihadiste affirme toujours que les Mausolées entourant le tombeau des Saints de Tombouctou étaient illégaux au regard de la charia.

Pourtant, rien dans le Coran ne préconisait leur destruction.

Mais contre son avis, les émirs qui se sont attachés les conseils de cet expert sur les questions islamiques dès le début de l'occupation du nord Mali, avaient décidé de les détruire.

Ahmed Al Mahdi demande tout de même "la grâce" des Maliens.

"Une histoire de murs et de pierres"

Dans sa demande de mise en accusation, la procureure de la CPI Fatou Bensouda avait déclaré que le crime commis par contre Ahmed Al Mahdi "affecte l'âme et l'esprit d'un peuple."

Dans ce procès, l'affaire ne portera que sur la destruction du patrimoine mondial.

Pour la CPI et l'Unesco, cette affaire est plus qu'"une histoire de murs et de pierres".

Alertée par la folie des djihadistes, l'organisation onusienne pour la culture avait placé Tombouctou sur la liste du patrimoine en péril, sans parvenir à empêcher les djihadistes de mettre en œuvre leur projet de destruction.

"Menu fretin"

Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme regrettent quant à elle que le procès ne vise pas les viols et les persécutions perpétrés contre la population de Tombouctou. Des éditorialistes maliens déplorent pour leur part que l'on ne s'attaque qu'au "menu fretin". S'il n'était ni un leader djihadiste, ni le concepteur de l'occupation, Al Mahdi a néanmoins servi de conseiller clé pour les affaires islamiques jusqu'à son arrestation au Niger, en octobre 2014, alors qu'il se trouvait dans un convoi transportant près d'une tonne d'armement depuis le sud libyen.

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