Tueries de Beni : 250 suspects

Par Poly Muzalia, correspondant à Kinshasa

Beni Copyright de l’image AFP
Image caption Des tombes de personnes victimes des massacres de la semaine dernière à Beni.

"Près de 250" personnes seront jugées par la Cour militaire congolaise, à Beni, pour leur responsabilité présumée dans les massacres perpétrés la semaine dernière dans l'est de la République démocratique du Congo.

Ce chiffre a été avancé par le maire de Beni, Nyoni Bwanakawa.

Quatre-vingt suspects se trouvent dans la prison de Kangwayi, ont annoncé samedi les autorités judiciaires.

Les auteurs présumés des massacres sont soupçonnés de faire partie de l'ADF, un groupe rebelle ougandais souvent mis en cause dans les attaques à l'arme blanche dans l'est de la RDC depuis près de deux ans.

Le procès des présumés rebelles de l'ADF s'est ouvert samedi, en présence de six prévenus.

Une audience a eu lieu ce lundi en présence des mêmes suspects et de centaines d'habitants de Beni venus y assister.

Les audiences se tiennent sur une tribune installée devant la mairie de la ville.

Un habitant de Beni joint par BBC Afrique, par téléphone, espère que la justice pourra établir d'éventuelles complicités entre les rebelles ADF et la population locale ou encore avec certains militaires soupçonnés de ravitailler ce groupe armé.

Ce procès se tient une semaine après un massacre au cours duquel 51 civils ont été assassinés dans un quartier de la ville de Beni.

Ces massacres ont provoqué la colère de la population locale.

Des centaines d'habitants étaient descendus dans la rue, dans la rue, pour protester contre l'"incapacité" des autorités à les protéger des groupes armés.

Une semaine après la mort de 51 personnes près de Beni, la tension est toujours palpable dans la région.

Dimanche, un minibus transportant des machettes et des haches a été intercepté à Butembo, à 50 km de Beni.

Des habitants de la ville s'en sont pris aux passagers, les soupçonnant d'appartenir à l'ADF, dont les membres utilisent des haches et des machettes pour tuer les civils.