Jean Ping : "le peuple ne mérite pas ça"

Le peuple gabonais ne mérite pas ça", a précisé Jean Ping faisant référence au vote pour le candidat Bongo dans la province du Haut-Ogooué, Copyright de l’image MARCO LONGARI
Image caption Le peuple gabonais ne mérite pas ça", a précisé Jean Ping faisant référence au vote pour le candidat Bongo dans la province du Haut-Ogooué

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Alors que les violences continuent dans les rues de la capitale gabonaise, Jean Ping accuse Ali Bongo d'être un "voleur", rappelant que le peuple gabonais a voté pour le changement.

"On veut prendre en otage tout une province, on veut prendre en otage tout une population pour faire croire que cette population a voté à 100 % pour le candidat Mr Ali Bongo A. C'est un mensonge éhonté ! Le peuple gabonais ne mérite pas ça", a précisé Jean Ping depuis un lieu sûr où il s'est réfugié avec sa famille.

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Image caption QG de Jean Ping à Libreville

Le chef de l'opposition gabonaise a déclaré qu'"un hélicoptère de la garde présidentielle a bombardé le quartier général" de son directoire de campagne à Libreville, la capitale du Gabon.

"Des éléments au sol sont arrivés chez moi et ont tout cassé. Ils ont arrêté des gens et ont cassé des vitres (…) Il y a eu deux morts et plusieurs blessés", affirme M. Ping dans une interview à BBC Afrique, jeudi, vers 10h GMT, sans vouloir donner de précision sur l'endroit où il se trouvait.

La communauté internationale réclame la transparence

"Les résultats sont totalement faux ! Depuis 50 ans, une famille règne au Gabon (…) On ne peut pas accepter des résultats qui sont faux, des résultats fabriqués", a dénoncé le chef de l'opposition.

La commission électorale et le ministre de l'Intérieur ont déclaré Bongo vainqueur de l'élection présidentielle avec 49,80 % des voix, contre 48, 23 % pour Jean Ping.

Dans la province du Haut-Ogooué, Ali Bongo aurait été élu avec plus de 95 % des voix.

Le taux de participation nationale est d'environ 59 %.

Plusieurs analystes ont également contesté les résultats de cette région considéré comme le fief électoral d'Ali Bongo Ondimba, où le taux de participation serait de près de 100 %, selon les chiffres communiqués par le ministre de l'Intérieur.

"C'est inimaginable !" a commenté Jean Ping qui promet de contester les résultats de l'élection en faisant recours aux "voies légales.

Ali Bongo rejette la responsabilité des émeutes sur l'opposition

De son côté, Ali Bongo a rejeté la responsabilité des émeutes sur l'opposition.

"La démocratie s'accorde mal des succès autoproclamés, des groupuscules formés à la destruction. La démocratie s'accommode mal de la prise d'assaut d'un parlement et de la télévision nationale", a déclaré Ali Bongo Ondimba lors d'une brève allocution au palais présidentiel.

"Les élections ont rendu leur verdict (...) Qui a perdu? Un groupuscule dont le seul projet était de prendre le pouvoir pour se servir du Gabon et non servir le Gabon", a encore accusé le fils et successeur d'Omar Bongo, en visant Jean Ping, son principal rival à la présidentielle, qui était parvenu à rallier d'autres candidats importants de l'opposition.

L'opposition gabonaise, l'Union européenne et les Etats-Unis ont demandé la publication des résultats de tous les bureaux de vote et le recomptage des voix bureau par bureau dans la province du Haut-Ogooué.

La France a exhorté jeudi les deux parties "à la plus grande retenue afin d'éviter de nouvelles victimes". Dans un communiqué publié jeudi, Jean-Marc Ayrault, le ministre des Affaires étrangères appelle à cesser la confrontation "au plus vite".

Image caption Selon Felix Bongo, membre de la coalition menée par Jean Ping, c'est un "bras de force de trop" pour les Gabonais

Felix Bongo, Vice-président de la plateforme citoyenne Reagir, et membre de la coalition menée par Jean Ping s'exprime au nom de l'opposition lorsqu'il réclame le recomptage des voix "le plus vite possible".

Ce dernier évoque une "manipulation grossière", un "bras de force de trop" qui ne parviendra pas à "étouffer la contestation".

Selon lui, les violences sont dues à la frustration d'un peuple "qui se bat pour ses droits les plus élémentaires".

Ali Bongo est au pouvoir depuis 2009 après avoir succédé à son père Omar Bongo Ondimba qui avait dirigé le Gabon pendant 41 ans.