Tunisie : le gouvernement entre en fonction

Par Sihem Hassaini, correspondante à Tunis

Youssef Chahed p Copyright de l’image AFP
Image caption Le nouveau Premier ministre Youssef Chahed pourrait apporter "un vent de fraîcheur".

Le gouvernement tunisien d'union nationale a pris fonction ce mardi 30 août.

Mais il est déjà confronté au mécontentement de certains hommes politiques, qui le jugent "trop jeune" et incapable de surmonter la crise économique.

Hamma Hammami, le leader du Front populaire, un parti d'extrême gauche, doute de l'efficacité du gouvernement de Youssef Chahed.

"Celui qui veut résoudre une crise doit en connaître l'origine (…) Si on remplace Habib Essid (l'ex-Premier ministre) par un Premier ministre et un ministre de l'Intérieur moyens, la crise continuera. Je ne cautionne pas cela", a-t-il soutenu.

L'universitaire Hatem Mrat, un spécialiste du droit constitutionnel, n'écarte pas "les risques de conflits" au sein de ce gouvernement constitué de neuf partis politiques et de trois organisations professionnelles.

"C'est un gouvernement d'union nationale, qui réunit des partis tombés d'accord pour réaliser un programme politique. Les membres d'un seul parti politique peuvent entrer en conflit les uns avec les autres quand il s'agit de réaliser un programme politique, à plus forte raison s'il y a neuf partis politiques et des organisations professionnelles", analyse M. Mrat.

"Une alliance contre nature"

Certains opposants dressent déjà un tableau sombre des perspectives du nouveau gouvernement.

"Si la Tunisie n'arrive pas à résoudre ses problèmes sociaux et économiques, il y aura des soulèvements…" avertit l'opposant Hatem Mrezgui.

La réduction du chômage, la sécurité et la lutte contre la corruption sont les priorités du nouveau gouvernement, dont la constitution a été approuvée par 168 des 217 députés membres du Parlement.

C'est le septième gouvernement de la Tunisie en cinq ans.

Son chef, le Premier ministre Youssef Chahed, âgé de 40 ans, est présenté dans les médias locaux comme celui qui pourrait apporter "un vent de fraîcheur" dans la politique tunisienne.

Certains observateurs considèrent le gouvernement comme "une alliance contre nature", entre Nidaa Tounès, le parti du président Béji Caïd Essebsi, avec Ennahdha, deux formations politiques aux rivalités jusque-là féroces.

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