Gabon : des ONG aident les familles des disparus

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Image caption Des voitures calcinées devant la Radio Télévision Nazareth à Libreville, le 4 septembre 2016.

Au Gabon, des défenseurs des droits humains s'organisent pour aider les familles des victimes des violences post-électorales. Au moins 6 personnes ont été tuées et plus d'un millier d'autres arrêtées depuis le scrutin du 27 août 2016.

Une coalition des ONG de défense des droits de l'homme et de la démocratie ont décidé de mettre sur pied un comité de crise à Libreville, la capitale gabonaise.

" Des personnes ont perdu des parents; d'autres ont perdu des enfants. Nous sommes en train d'analyser la situation pour avoir toutes les informations nécessaires", explique Marc Ona Essangui, président de l'organisation Brainforest où siège le comité de crise.

Selon le correspondant de la BBC à Libreville, près de 800 personnes ont été arrêtées dans la capitale gabonaise. Dans l'ensemble des autres régions du Gabon, plus de 300 personnes ont été interpellées parmi les manifestants qui ont contesté la réélection d'Ali Bongo Ondimba.

Les conditions de leur détention préoccupent l'ordre des avocats, qui s'inquiète des violations des procédures judiciaires.

Aucun avocat n'a été sollicité pour défendre les personnes détenues par la police ou la gendarmerie, accusées d'avoir participé aux pillages de commerces, aux violences publiques et aux destructions de biens d'autrui.

Devant les commissariats, de nombreux proches des personnes interpellées, en détresse, tentent d'avoir des nouvelles.

A tour de rôle, ils sollicitent en vain des informations pour localiser les enfants ou les proches portés disparus, notamment après l'assaut des forces armées au QG de Jean Ping.

"Des policiers ont tiré à balles réelles et à blanc. Il y a eu des douilles qui été retrouvées. Il y a eu des personnes qui sont mortes et les corps ont été emmenés directement dans les camions des policiers. Les personnes blessées aussi étaient embarquées dans les camions", raconte un témoin qui était présent lors de l'assaut au QG du chef de file de l'opposition.

Cinq jours après la proclamation des résultats, la situation reste toujours tendue dans le pays.

"Le président sortant Ali Bongo Ondimba et son challenger Jean Ping doivent penser d'abord aux seuls intérêts des Gabonais", insiste Alioune Tine, directeur régional d'Amnesty international pour l'Afrique de l'ouest et du centre. "Il faut que tous les deux se fassent violence pour essayer de trouver une solution."

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, a, quant à lui, annoncé avoir téléphoné dimanche à Ali Bongo et à Jean Ping pour les appeler "à faire cesser immédiatement les actes de violence dans le pays".