Gabon : des opposants pleurent leurs morts

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Image caption Une femme, à Libreville, le 6 septembre 2016, cherche à avoir des nouvelles de proches arrêtés durant les manifestations qui ont suivi l'annonce des résultats de l'élection présidentielle.

Une partie de la population gabonaise réclame toujours la publication des résultats définitifs de la présidentielle. Au quartier général de l'opposant Jean Ping, la mobilisation ne faiblit pas, 11 jours après les élections.

Le quartier général de Jean Ping jouxte la voie express, une des autoroutes les plus fréquentées du Gabon.

En voiture ou à pied, les passants peuvent voir la grande banderole, marquée de l'effigie de l'ancien président de la commission de l'Union africaine. Elle porte un hommage au chef de file de l'opposition, Jean Ping.

Les militants de l'opposition s'y retrouvent tous les jours pour maintenir la flamme. Nombre d'entre eux sont sans nouvelle d'un proche et chercher à savoir où sont les disparus. Ils disent vouloir découvrir la vérité.

Parmi les témoins, une infirmière confie son désespoir d'avoir perdu son mari suite aux violences post-électorales. "Malgré la souffrance et la douleur, tout ce qu'il avait dans sa bouche, c'était "c'est pour mon pays!" et je veux dire à mon fils que son père n'est pas mort pour rien, qu'il s'est battu pour la libération de son pays et il a dit que tout ce qu'il souhaite, c'est que Jean Ping ne laisse pas tomber", témoigne la jeune femme en pleurs.

Une délégation de l'Union africaine est annoncée pour bientôt au Gabon. Dans un communiqué, Idriss Déby, le président en exercice de l'UA, a annoncé vouloir envoyer des chefs d'Etat africains, des représentants de l'UA et des Nations unies "dès que les conditions pour une visite seront établies".

Dans les rues de Libreville, plusieurs personnes continuent de réclamer la publication des résultats détaillés de la présidentielle du 27 août 2016.

Après le scrutin, les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont fait plus de 40 blessés parmi les civils et plus d'une centaine de blessés au sein des forces de sécurité.

Le bilan officiel fait état de trois personnes décédées. Mais pour l'opposition, ce bilan est plus lourd.