La fièvre aphteuse touche l'Île Maurice

Par Yasine Mohabuth, correspondant à Ports-Louis

Fièvre aphteuse Copyright de l’image AFP
Image caption La fièvre aphteuse peut se transmettre de l'animal à l'homme, chez lequel elle provoque "des malaises et des vomissements".

Des troupeaux des trois principales fermes de ce pays africain situé dans l'océan Indien sont infectés par le virus de la fièvre aphteuse, une maladie virale qui touche les bovins, les porcs, les chèvres et les moutons surtout.

Cette maladie peut se transmettre de l'animal à l'homme, chez lequel elle provoque "des malaises, de la fièvre et des vomissements".Dans un premier temps, le gouvernement a interdit tout mouvement de bétail en dehors des fermes.

Mais plusieurs incidents survenus durant le weekend l'ont poussé à faire marche arrière.

Les fermes ont finalement obtenu l'autorisation de vendre 1 300 bêtes qui ne présentent aucun signe de maladie.

Cette autorisation inquiète les consommateurs, car aucun certificat médical n'a été délivré.

Le virus est importé de l'île Rodrigues, une île autonome de la République de Maurice.

Sur cette île, le cheptel a été décimé. Plus de 2 000 bêtes ont été abattues.

Mais certaines bêtes touchées par le virus arrivent à l'Île Maurice par voie maritime.

C'est ainsi que, rapidement, la fièvre aphteuse a gagné Socovia, l'une des plus grandes fermes du pays.

Certains bœufs ont été battus tués, d'autres ont été vaccinés.

Période d'incubation

Ce weekend, le virus a touché deux autres fermes, que le gouvernement a décidé de mettre en quarantaine, en interdisant tout mouvement hors de la zone.

Mais avec la fête du sacrifice d'Abraham, la tension est montée d'un cran, samedi 10 septembre.

Des centaines de personnes manifestaient devant les fermes, demandant au gouvernement d'autoriser la livraison des bœufs qui n'ont pas contracté la maladie.

Des routes ont été obstruées par les manifestants. Un comité de crise s'est réuni dimanche 11 septembre.

Le ministre de l'Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire, Mahen Seeruttun, a autorisé la vente de 1 300 bêtes qui, selon lui, ne présentent "aucun symptôme de la maladie".

Mais cette décision du gouvernement, avec la bénédiction de certains religieux, a fait bondir plus d'un.

Le fait qu'un animal ne présente pas physiquement de symptôme de la fièvre aphteuse ne garantit pas l'absence de l'infection, qui peut apparaître à la dernière minute, selon des virologues.

"Quand il y a une infection virale, la détection sanguine ne serait positive qu'après la période d'incubation, qui peut être de plusieurs jours, voire une semaine", indiquent-ils.

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