Des opposants arrêtés en RDC

Poly Muzalia, Kinshasa, BBC Afrique

RDC, opposition, manifestation
Image caption Des militants de l'opposition protestent dans les rues de Kinshasa, ce lundi 19 septembre.

Des dizaines de personnes ont été arrêtées lors d'une marche de l'opposition congolaise en faveur du départ du pouvoir de Joseph Kabila, ce lundi matin, à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

Les arrestations ont été menées par la police lorsque des centaines de militants de l'opposition sont descendus dans la rue pour exiger le départ de M. Kabila à la fin de son mandat, en novembre prochain.

L'opposition a organisé des rassemblements dans d'autres villes de la RDC.

Ses militants exigent l'organisation de l'élection présidentielle en novembre, comme le prévoit la Constitution.

Mais le scrutin présidentiel ne peut pas avoir lieu avant la fin de l'année, selon les leaders de la majorité au pouvoir et les responsables de la commission électorale nationale.

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Image caption Etienne Tshisekedi tient à la tenue de l'élection présidentielle en novembre prochain.

Des rues désertes, des pneus qui brûlent, des barricades érigées un peu partout à Kinshasa… L'atmosphère était tendue ce matin, dans la capitale.

Les manifestants et les policiers ont échangé des jets de projectiles contre des gaz lacrymogènes.

"Nous sommes déçus par Kabila et son gouvernement (…) Nous avons constaté qu'il n'a pas l'intention d'organiser les élections. Kabila et son gouvernement ont organisé un simulacre de dialogue pour tromper le peuple", dénonce Patrick, l'un des nombreux manifestants réunis autour de l'échangeur de Limété, dans la capitale.

Ce militant de l'UDPS, le parti d'Etienne Tshisekedi, fait allusion au "dialogue national" boycotté par son leader et d'autres responsables de l'opposition.

Valentine, une manifestante rencontrée vers le Boulevard Triomphal, à Kinshasa, dit être convaincue que le président Kabila veut s'accrocher au pouvoir.

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Image caption Joseph Kabila est soupçonné de vouloir exercer le pouvoir au-delà de son second mandat.

"Il n'a pas envie de partir. Il veut rester. Malheur à lui et à tous ceux qui sont autour de lui, qui lui disent de rester", soutient-elle.

Un autre militant exige "le départ pur et simple" du président Kabila et rejette le dialogue politique en cours à Kinshasa.

"Nous sommes dans la rue pour dire non à Kabila. Il doit partir. Nous avons vite compris qu'il est en train de faire des manigances, pas un dialogue. C'est (…) un partage du gâteau. Ce n'est pas un dialogue…", s'insurge-t-il.

Lors des échauffourées de ce lundi matin, au moins trois voitures ont été brûlées.

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