Amnesty accuse la police nigériane

Alioune Tine Copyright de l’image Getty Images
Image caption Alioune Tine est le directeur régional d'Amnesty International en Afrique de l'Ouest et du Centre.

Amnesty International accuse une unité de la police nigériane de pratiquer la torture en soumettant les détenus à des exécutions simulées et en les privant de nourriture.

Le but visé par les policiers les policiers, avec ces pratiques, est de forcer les prisonniers à avouer des crimes ou de leur faire payer des pots-de-vin, selon un communiqué de cette organisation de défense des droits de l'homme.

L'unité de la police mise en cause a installé des équipements avec lesquels elle pratique la torture, près de la capitale, Abuja, selon Amnesty International.

Selon elle, "L'Abattoir" est le nom donné à l'un des sites abritant les scènes de torture dénoncées.

L'organisation de défense des droits de l'hmme affirme avoir obtenu les allégations de torture auprès d'anciens détenus, dont un habitant d'Onitsha, une localité située dans le sud-est du pays.

"Les policiers m'ont fait signer une feuille. Lorsque je l'ai signée, ils m'ont dit que j'ai signé mon propre arrêt de mort. Ils m'ont suspendu à une barre de fer, et j'ai perdu connaissance. Ils m'ont fait descendre ensuite pour me ranimer", ajoute l'ancien détenu, dont l'identité n'est pas révélée par Amnesty International.

Un autre ex-détenu, Chidi Oluchi, âgé de 32 ans, dit avoir été arrêté à Enugu, dans le sud-est du Nigeria, avant d'être dépouillé de ses biens et torturé par les policiers.

"Ils m'ont dit de me gifler moi-même. Quand j'ai refusé, ils se sont mis à me frapper (…) avec de gros bâtons. Ma bouche saignait, et ma vision devenait floue", affirme M. Oluchi.

Selon Amnesty International, il a été libéré après avoir versé 100 dollars US aux policiers.

La police nigériane n'a pas encore réagi au communiqué de l'organisation de défense des droits de l'homme.

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