Filles de Chibok : rançon ou échange ?

Dans le bureau du vice-président du Nigeria, les filles libérées jeudi 13 octobre 2016 par Boko Haram
Image caption Les ex-otages de Boko Haram dans le bureau du vice-président du Nigeria, à Abuja

Des versions contradictoires ont été données à la question de savoir si une rançon a été payée et/ou des prisonniers de Boko Haram libérés en échange de la libération, jeudi, de 21 lycéennes enlevées à Chibok, dans le nord du Nigeria en avril 2014.

Un médiateur nigérian, qui n'a pas pris part aux dernières négociations pour la libération des filles, a déclaré à l'agence Associated Press qu'une "superbe rançon" de plusieurs millions de dollars a été versée par le gouvernement suisse, au nom des autorités nigérianes.

Selon la même source, la Suisse devait être remboursée en retirant un montant égal à celui de la rançon des 321 millions de dollars US que Genève doit retourner au Nigeria cette année, de l'argent placé dans des banques suisses, dans les années 90, par le défunt dictateur nigérian Sani Abacha.

Interrogées, les autorités suisses ont choisi de ne pas réagir dans l'immédiat à la libération des lycéennes.

Mais la Suisse a confirmé avoir joué un rôle "humanitaire et neutre" dans les négociations qui ont abouti à la libération des 21 otages de Boko Haram.

"Daily Trust", le plus gros tirage de la presse du nord du Nigeria, affirme qu'une rançon a été payée pour la libération des lycéennes.

Mais aucun des commandants de Boko Haram placés en détention n'a été libéré, car ils craignent d'être victimes, une fois libres, des luttes de positionnement au sein de la direction de Boko Haram, selon ce journal.

"Il n'y a eu aucun échange"

Les autorités nigérianes promettent de poursuivre les négociations, en vue de la libération de 197 jeunes filles, qui seraient encore entre les mains du groupe djihadiste.

Des sources sécuritaires nigérianes, qui ont requis l'anonymat, ont déclaré jeudi que les filles avaient été libérées en échange de la relaxe de quatre dirigeants de Boko Haram.

Le vice-président du Nigeria, Yemi Osinbajo, a soutenu, à la suite du ministre de l'Information, Mohammed Lai, qu'"il n'y a eu aucun échange", ni d'argent, ni de prisonniers.

M. Osinbajo a qualifié de "totalement fausses" les informations faisant état du paiement d'une rançon ou d'un échange de prisonniers avec les 21 lycéennes, dont certaines ont eu des enfants durant leur captivité.

Des proches des filles libérées se sont rendus ce vendredi à Abuja, la capitale, où les ex-otages sont arrivées jeudi, afin de les retrouver.

Entre 15 000 et 20 000 personnes ont été tuées dans l'insurrection menée par Boko Haram dans le nord du Nigeria depuis 2009, selon différentes sources.

Les attaques du groupe djihadiste ont fait quelque 2,6 millions de déplacés.

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