CI : brève arrestation d'opposants

Valérie Bony, BBC Afrique, Abidjan

Les opposants réclament "le retrait pur et simple" de la nouvelle Constitution ivoirienne.
Image caption Les opposants réclament "le retrait pur et simple" de la nouvelle Constitution ivoirienne.

La police ivoirienne a relâché des leaders de l'opposition arrêtés jeudi matin, lors d'une manifestation exigeant "le retrait pur et simple" de la nouvelle Constitution.

Mamadou Koulibaly, leader d'un parti d'opposition et ancien président de l'Assemblée nationale, ainsi que l'ancienne ministre Danielle Boni Claverie ont été libérés quelques heures après leur arrestation.

Aboudramane Sangaré, un militant du FPI, le parti de l'ancien président Laurent Gbagbo, était encore détenu par les policiers, jusqu'en fin de matinée.

Le matin, les forces de l'ordre avaient quadrillé tous les points stratégiques du quartier du Plateau, dont le carrefour de l'Indénié.

Vers 7 heures, un petit groupe de militants arrivé sur les lieux a été embarqué par la police.

Quelques minutes plus tard, Aboudramane Sangaré, qui dirige une fronde au sein du FPI, se réunit avec une quinzaine d'autres personnes.

Des policiers portant des casques et des gilets pare-balles, armés de boucliers et de matraques, foncent sur le groupe et font monter les manifestants dans une voiture de police, avant de les emmener.

Image caption Leur rassemblement dispersé par les policiers, les manifestants envisagent une rencontre avec les journalistes, dans la journée.

Sur le même carrefour, celui de l'Indénié, une quarantaine de personnes brandissent quelques pancartes et tentent de dérouler une marche de protestation.

Parmi elles se trouve le président du Lider, Mamadou Koulibaly, et Danielle Boni Claverie, qui sont déterminés à tenir leur rassemblement.

Ils sont arrêtés à leur tour avant d'être relâchés par les policiers, qui ont poursuivi des manifestants. Ces derniers ont tenté de s'échapper à travers les files de voitures.

"Nous pensons que nous avons le droit d'exprimer nos opinions (…) Nous pensions qu'on était dans une démocratie. Nous allons manifester", soutient Mme Claverie.

Une militante de l'opposition, qui a réussi à passer entre les files de voiture pour échapper à la police, affirme que l'interdiction des manifestations ternit l'image de la Côte d'Ivoire. "Ça fait pitié. C'est honteux. Ça ternit l'image de l'Afrique et de la Côte d'Ivoire. Nous ne sommes pas contents de voir ça", commente-telle.

Leur rassemblement dispersé par les policiers, les manifestants envisagent une rencontre avec les journalistes, dans la journée.

La nouvelle Constitution adoptée récemment par l'Assemblée nationale sera soumise au peuple ivoirien, lors d'un référendum prévu le 30 octobre.

Vendredi dernier, une partie de l'opposition a appelé les électeurs à boycotter ce référendum.

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