RDC : l'ONU accuse les forces de sécurité

José Maria Aranaz est le chef du BCNUDH en République démocratique du Congo. Copyright de l’image Radio Okapi
Image caption José Maria Aranaz est le chef du BCNUDH en République démocratique du Congo.

Les Nations unies déclarent que les forces de sécurité congolaises sont responsables de "la plupart des violations des droits de l'homme" commises lors des violences meurtrières des 19 et 20 septembre, à Kinshasa.

Une enquête du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme (BCNUDH) livre un bilan plus élevé que celui donné par le gouvernement après ces violences perpétrées lors de manifestations politiques.

Selon les autorités congolaises, 32 personnes avaient été tuées.

Mais le BCNUDH déclare qu'"au moins 53 personnes, dont sept femmes et deux enfants, ont été tuées".

Il attribue la mort de 48 des victimes à "des acteurs étatiques", à savoir l'armée, la police et la garde présidentielle congolaises.

Des "exécutions judiciaires"

Le bilan des manifestations pourrait être plus élevé, selon le BCNUDH, qui dénonce des "restrictions" à son enquête, par exemple le "refus" des autorités de la RDC de laisser ses enquêteurs accéder aux lieux de détention et à certaines sources d'information.

Les 19 et 20 septembre, les forces de sécurité ont procédé à des "exécutions judiciaires" sur 18 personnes au moins, dont 16 ont été tuées par balle, selon les enquêteurs des Nations unies.

Ils affirment que quatre policiers ont été battus à mort par des manifestants.

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Image caption Des manifestants défient des policiers, à Goma, en RDC, le 19 octobre 2016.

Le rapport fait état de la "distribution, par les autorités, de machettes et de sommes d'argent à environ 100 jeunes hommes" chargés d'empêcher le déroulement des manifestations organisées en septembre par l'opposition congolaise.

Les violences du mois dernier en RDC ont eu lieu lors de manifestations organisées par l'opposition pour exiger le départ du président Joseph Kabila à la fin de son second mandat, en novembre prochain.

La majorité dirigée par M. Kabila a conclu avec une partie de l'opposition un accord en vue du report du scrutin présidentiel en avril 2018 et de la formation d'un gouvernement dirigé par un Premier ministre choisi parmi les opposants.

Cet accord négocié par un médiateur de l'Union africaine, Edem Kodjo, est rejeté par une frange de l'opposition menée par Etienne Tshisekedi et Moïse Katumbi, qui vit en exil depuis plusieurs mois.

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