Omar el-Bechir accuse Amnesty de "mentir"

Le président soudanais Omar al-Béchir sur le podium lors d'un rassemblement de ses militants à Green Square, à Khartoum, le 11 octobre 2016. Copyright de l’image ASHRAF SHAZLY
Image caption Le président soudanais Omar al-Béchir sur le podium lors d'un rassemblement de ses militants à Green Square, à Khartoum, le 11 octobre 2016.

Le président soudanais affirme qu'Amnesty International a menti aux sujet d'attaques chimiques contre des civils au Darfour, dans l'Ouest du pays, attribuée par l'organisation aux forces soudanaises.

Ces derniers jours, vous avez suivi tous les mensonges et les allégations d'Amnesty International sur l'utilisation d'armes chimiques", a déclaré Omar el-Béchir dans un discours, samedi, devant des membres de son parti.

"Ce sont juste de purs mensonges", a-t-il assuré.

Dans un rapport publié en septembre dernier, Amnesty International a accusé les forces de sécurités du Soudan d'avoir perpétré une trentaine d'attaques à l'arme chimique entre janvier et septembre sur des villages de la région du Djebel Marra, au Darfour, dans le cadre d'une vaste campagne militaire contre les rebelles.

"Entre 200 et 250 personnes ont pu mourir d'une exposition aux agents chimiques, pour beaucoup, voire pour la plupart, des enfants", selon l'organisation.

Le rapport d'Amnesty comprend des images d'enfants souffrant de brûlures chimiques, d'images satellite de villages détruits et de personnes déplacées, des extraits d'entretiens avec plus de 200 survivants et des analyses d'experts en armes chimiques.

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), une agence de l'ONU, a indiqué qu'elle aurait besoin de plus d'informations et de preuves pour une enquête formelle.

Début octobre, un haut responsable de l'ONU a demandé au Soudan d'aider à faire la lumière sur ces accusations.

Le Darfour est le théâtre d'un conflit sanglant depuis 2003, lorsque des insurgés issus de minorités ethniques ont pris les armes contre le pouvoir de Khartoum. Le conflit a fait au moins 300.000 morts et 2,5 million de déplacés, selon l'ONU.

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