Les avocats de Simone Gbagbo se retirent du procès

Simone Gbagbo entourée de ses deux avocats Ange Rodrigue Dadje et Habiba Touré, en juin 2016, à la cour d'assises d'Abidjan Copyright de l’image AFP
Image caption Simone Gbagbo entourée de ses deux avocats Ange Rodrigue Dadje et Habiba Touré, en juin 2016, à la cour d'assises d'Abidjan

Les avocats de l'ex-Première dame de Côte-d'Ivoire ont suspendu leur participation à son procès, à cause du refus des juges de recueillir les témoignages de personnalités citées dans l'affaire.

Les conseils de Mme Gbagbo veulent que soient entendues par la justice d'éminentes personnalités ivoiriennes, dont l'actuel président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, et l'ancien chef d'état-major de l'armée, le général Philippe Mangou.

"Mme Gbagbo est jugé pour trois faits, notamment la marche du RHDP (un parti d'opposition). Le RHDP dit que les manifestants (…) ont été attaqués par la Police nationale. Il affirme que les policiers ont ouvert le feu et auraient tué 17 personnes", a dit à BBC Afrique Me Ange Rodrigue Dadje, l'un des avocats de l'ex-Première dame.

"C'est extrêmement grave"

"L'instruction de l'affaire a duré trois ans sans que les organisateurs de la marche ne soient entendus par le juge d'instruction. La Police nationale (…) n'a jamais été entendue (…) Je fais allusion notamment à l'actuel président de l'Assemblée nationale, qui était l'un des principaux organisateurs de cette marche", a ajouté Me Dadje.

Il soutient que "les acteurs des faits" incriminés par la justice "n'ont pas été entendus". "C'est extrêmement grave. C'est une honte pour la justice ivoirienne."

Le tribunal a estimé qu'il n'avait pas la compétence d'entendre des personnalités comme Guillaume Soro, comme le veulent les avocats de la défense.

"Atteinte à la sûreté de l'Etat

"Mme Gbagbo est jugée par la cour d'assises d'Abidjan depuis le 31 mai dernier pour "crimes contre l'humanité".

Elle a déjà été condamnée en 2015 à une première peine de 20 ans de prison pour "atteinte à la sûreté de l'Etat".

Les violences préélectorales dans lesquelles Simone Gbagbo aurait été impliquée ont fait quelque 3 000 morts en cinq mois, entre novembre 2010 et avril 2011, selon l'ONU.

Elles ont éclaté à la suite du refus de son mari, Laurent Gbagbo, de reconnaître la victoire de l'opposant Alassane Ouattara à l'élection présidentielle de novembre 2010.

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