Tchad : l'austérité touche les anciens PM

Vincent Niebédé, BBC Afrique, N'Djamena

Le président du Tchad, Idriss Déby Itno Copyright de l’image AFP
Image caption Le président du Tchad, Idriss Déby Itno

Le président tchadien, Idriss Déby Itno, a supprimé les avantages financiers accordés à 12 anciens Premiers ministres, une mesure qui entre dans le cadre de la politique d'austérité menée par son gouvernement.

Le statut d'ancien Premier ministre est institutionnalisé par la Constitution tchadienne qui, depuis 1996, octroie un salaire mensuel de 1,5 million de francs CFA aux anciens chefs de gouvernement.

Les salaires des 12 personnalités jouissant actuellement de ce statut coûtent à l'Etat 216 millions de francs CFA par an, selon notre correspondant au Tchad.

Les Premiers ministres passés à la tête du gouvernement avant la Constitution de 1996, Fidèle Abdelkerim Moungar, Joseph Yodoyman et Jean Alingui Bawoyeu, n'étaient pas concernés par ces avantages financiers.

L'ancien Premier ministre tchadien Joseph Djimrangar Dadnadji a confirmé à BBC Afrique que les ex-chefs de gouvernement percevaient mensuellement 1,5 million de francs CFA.

"C'est une erreur"

Il considère comme "une grosse erreur" la décision du président Idriss Déby supprimant le paiement de cette "rente viagère".

"En tenant compte de la situation économique du Tchad, je prends avec philosophie cette mesure. Si cette mesure pouvait permettre d'ouvrir les écoles et les hôpitaux, ce serait bien. Malheureusement, la mesure est prise et des établissements scolaires et sanitaires sont restés fermés", a dit M. réagi Dadnadji.

"C'est une erreur (…) de croire qu'en supprimant ces indemnités on va rendre certaines personnes nécessiteuses. C'est une grosse erreur", a-t-il ajouté.

Le Tchad est confronté à une crise économique sans précédent, qui a conduit l'Etat à réduire les budgets de plusieurs ministères et d'autres institutions.

En raison de la crise, le gouvernement a adopté une politique d'austérité et a demandé à certains fonctionnaires de renoncer à une partie de leurs indemnités.

Sur le même sujet

Lire plus