RDC : l'UDPS critique les dirigeants de la région

Poly Muzalia, BBC Afrique, Kinshasa

Etienne Tshisekedi, le leader de l'UDPS Copyright de l’image AFP
Image caption Etienne Tshisekedi, le leader de l'UDPS

L'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le principal parti de l'opposition congolaise, dénonce le soutien des chefs d'Etat de la région à l'accord politique conclu entre la majorité présidentielle et une partie de l'opposition en République démocratique du Congo (RDC).

La Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), qui regroupe des pays de la région, dont la RDC, a fait part de son soutien à cet accord au terme d'une réunion de ses chefs d'Etat, mercredi, à Luanda, la capitale de l'Angola.

Jean-Marc Kabund, le numéro 2 de l'UDPS, le parti d'Etienne Tshisekedi, a fustigé le soutien de la CIRGL à l'accord conclu le 17 octobre.

"L'Union africaine de manière générale, la CIRGL (…) en particulier, ont encore failli à leur mission. La décision qu'elles ont prise n'a fait qu'exacerber la tension en République démocratique du Congo, étant donné que le peuple congolais veut une seule chose : l'alternance. Et il n'y a que le peuple congolais qui doit avoir le dernier mot", a réagi M. Kabund.

L'accord soutenu par les pays de la région prévoit notamment le maintien à son poste du président Joseph Kabila et le report en 2018 de l'élection présidentielle congolaise prévue initialement avant fin 2016.

"Des agitateurs"

Le président angolais José Edouardo Dos Santos, hôte du sommet de la CIRGL, a appelé l'opposition congolaise à la patience.

"Mieux vaut attendre quelques mois de plus pour faire des élections dans de bonnes conditions que se lancer sur les chemins incertains de la violence", a fait valoir M. Dos Santos.

Téckys Mulayila, un sénateur membre du PPRD, le parti de Joseph Kabila, se réjouit du soutien des chefs d'Etat de la région à l'accord conclu entre la majorité présidentielle et certains leaders de l'opposition.

"On s'attendait à une telle réaction, d'autant plus que la CIRGL et d'autres organisations ne cessent de lutter pour la promotion de la paix dans la région, même si des agitateurs veulent créer des incidents (…) pour annihiler leurs efforts", a dit M. Mulayila.

La prise de position des chefs d'Etat des pays des Grands Lacs va à l'encontre de celle des Etats-Unis et de l'Union européenne, deux partenaires de la RDC, qui réclament la tenue de la présidentielle en 2017.

Le second mandat de Joseph Kabila arrive à terme en novembre prochain, mais les conditions de l'organisation du scrutin présidentiel en 2016 ne sont pas réunies, selon la commission électorale et la Cour constitutionnelle de la RDC.

Lire plus