Des vétérans de l'ANC haussent le ton

Sophie Ribstein, BBC Afrique, Johannesburg

Ahmed Kathrada, Afrique du Sud Copyright de l’image AFP
Image caption Ahmed Kathrada, un militant de la lutte contre l'apartheid et vétéran de l'ANC, fait partie des auteurs d'un communiqué rappelant à l'ordre les leaders actuels du parti au pouvoir.

Les divergences au sein de l'ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud, deviennent de plus en plus profondes.

Cent un vétérans du parti et de grandes figures de la lutte contre l'apartheid, l'ancien régime de ségrégation raciale, souhaitent que leur parti puisse regagner la confiance des citoyens et préserver ses "principes" et ses "valeurs", avant qu'il ne soit trop tard.

Dans un communiqué, les anciens combattants de la lutte antiapartheid viennent en même temps apporter leur soutien au ministre des Finances, Pravin Gordhan, qui est poursuivi pour "fraude" et appelé à comparaitre la semaine prochaine devant un tribunal.

M. Gordhan est soutenu, non seulement par des dirigeants de grandes entreprises, à travers une tribune publiée récemment, mais aussi par des poids lourds du parti au pouvoir.

Parmi les 101 signataires du communiqué figurent des compagnons de l'ancien président et icône de la lutte antiapartheid, Nelson Mandela, Andrew Mlangeni et Ahmed Kathrada.

L'ancienne présidente du Parlement, Frene Ginwala, et l'ancien ministre des Finances Trevor Manuel ont signé le communiqué appelant l'ANC à revoir sa copie.

Leur message au président Jacob Zuma ne fait qu'accroitre la pression sur ce dernier.

"S'enrichir"

"Nous devrions être au service des communautés, mais de plus en plus on voit l'ANC comme un parti où il n'est question que de s'enrichir", écrivent-ils.

A cause de la "corruption", du "népotisme" et des "abus de pouvoir", les "principes" et les "valeurs" du parti au pouvoir sont en train de disparaitre, affirment les vétérans de l'ANC.

Ils disent avoir la responsabilité de sauvegarder ces valeurs et principes.

L'introspection est devenue une nécessité à l'ANC, selon eux.

Cette prise de position choc survient dans un contexte politique très mouvementé en Afrique du Sud.

Des liens troubles

Le dernier rapport de l'ex-médiatrice de la République, Thuli Madonsela, est l'objet d'un recours en justice du président Jacob Zuma, qui veut en bloquer la publication.

La toile de fond de ce document : les pratiques douteuses au sommet de l'Etat et les liens troubles qu'entretient M. Zuma avec la riche famille d'industriels originaire de l'Inde, les Gupta.

Vendredi matin, le chef de l'Etat a demandé à retarder l'audience fixée à mardi prochain par la justice.

Une audience prévue pour examiner le recours du président, qui souhaite que le rapport de Mme Madonsela ne soit pas publié.

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