Une audience judiciaire capitale pour Zuma

Sophie Ribstein, BBC Afrique, Johannesburg

Jacob Zuma, Afrique du Sud Copyright de l’image Getty Images
Image caption Le rapport de l'ex-médiatrice détaillerait comment une riche famille d'origine indienne a utilisé ses liens d'amitié avec Jacob Zuma pour influencer ses choix.

Les avocats du président sud-africain Jacob Zuma et de deux ministres sont convoqués ce matin à une audience judiciaire, durant laquelle ils tenteront d'empêcher la publication d'un rapport de l'ex-médiatrice de la République.

Le rapport de Thuli Madonsela est potentiellement accablant pour le chef de l'Etat.

C'est pourquoi les avocats de ce dernier et ceux de deux ministres tentent d'empêcher sa publication.

Jacob Zuma est directement cité dans ce rapport.

Et certains observateurs supposent que les conclusions du document pourraient entraîner une procédure de destitution du président sud-africain ou une motion de défiance contre lui.

Dans ce rapport, il y aurait eu des éléments de nature à prouver que les frères Gupta, une riche famille d'industriels d'origine indienne, auraient influencé Jacob Zuma sur le choix de deux ministres, qui sont également représentés à l'audience de ce matin.

Le ministre des Mines, Mosebenzi Zwane, et celui chargé de la Gouvernance, Des Van Rooyen, auraient été nommés par Jacob Zuma à la demande des Gupta, ce qui signifierait que le président aurait abandonné son autorité à des personnes ne faisant pas partie de l'exécutif.

Ce serait une faute grave, susceptible de lui valoir des poursuites judiciaires.

Recours d'urgence

Les avocats de Jacob Zuma affirment que leur client n'a pas eu suffisamment de temps pour prendre connaissance du dossier et se défendre.

Ils soutiennent que le chef de l'Etat n'a pas eu le temps d'interroger les témoins pour avoir leur point de vue.

Selon de nombreux analystes politiques, le recours d'urgence introduit par M. Zuma laisse croire qu'il cherche à enterrer le rapport.

Et certains analystes affirment qu'il a eu connaissance du dossier depuis mars dernier.

Les principaux leaders de l'opposition sont présents au tribunal où se tient l'audience de ce matin, et leurs avocats tentent de convaincre le juge que le rapport doit être publié.

Le document est actuellement conservé dans les bureaux de la nouvelle médiatrice de la République, Busisiwe Mkhwebane, qui a annoncé qu'elle se plierait à la décision de la justice.

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