La pression monte sur Zuma

Sophie Ribstein, BBC Afrique, Johannesburg

Msumi Maimane est le leader de l'Alliance démocratique, le principal parti de l'opposition sud-africaine. Copyright de l’image AFP
Image caption Msumi Maimane est le leader de l'Alliance démocratique, le principal parti de l'opposition sud-africaine.

Revigorée par les conclusions du rapport officiel faisant état de possible "crimes" de corruption au sommet de l'Etat, l'opposition sud-africaine prépare une motion de censure contre le président Jacob Zuma.

Selon ses leaders, la motion devrait être votée le 10 novembre au Parlement, où le parti de M. Zuma est majoritaire.

L'opposition a pris cette initiative à la suite de la publication, mercredi, du rapport mettant en cause le chef de l'Etat.

Le document fait état de relations compromettantes entre Jacob Zuma et les Gupta, une riche famille d'hommes d'affaires accusée d'avoir orienté ses choix en l'amenant à faire entrer deux personnes au gouvernement.

Les appels à la démission du chef de l'Etat, lancés avant la publication du rapport de l'ex-médiatrice de la République, Thuli Mandosela, ont gagné en écho jeudi.

L'ANC, le parti de Jacob Zuma, a indiqué qu'il étudiait le rapport de Mme Mandosela, sur lequel elle promet de se prononcer prochainement.

Jeudi matin, des vétérans de ce parti et des héros de la lutte antiapartheid ont tenu une conférence de presse, affirmant qu'ils sont révoltés par le niveau de corruption en Afrique du Sud.

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Image caption Une motion de censure contre Jacob Zuma pourrait être votée au Parlement, le 10 novembre.

Dans une interview accordée au journal en ligne sud-africain News 24, l'ex-médiatrice de la République a dit regretter de n'avoir pas été "plus dure" avec le président Jacob Zuma dans son dernier rapport sur la corruption.

Elle déplore la "très importante" mainmise de la famille Gupta sur les affaires publiques et a demandé au parquet et à la police d'enquêter sur de possibles "crimes" de corruption commis au sommet de l'Etat.

Jeudi matin, Brian Molefe, le président-directeur général d'Eskom, la compagnie nationale d'électricité, cité dans le rapport, a affirmé que l'occasion ne lui avait jamais été offerte par l'ex-médiatrice de la République de donner sa version des faits qui lui sont reprochés.

Le document le présente comme "un ami très proche des Gupta" et affirme qu'il leur rendait souvent visite.

Selon le rapport, M. Molefe aurait signé des contrats au bénéfice de Tegeta, une compagnie minière appartenant aux Gupta, qui fournit du charbon à Eskom.

Par ailleurs, les conclusions de ce rapport sont "assez générales" et ne donnent pas de "preuves directes de capture de l'Etat par Jacob Zuma", a déclaré à la BBC l'économiste Claude Baissac, un spécialiste de l'Afrique du Sud.

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