Un ministre limogé pour son "audace"

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Image caption Abdeljalil Ben Salem

Le ministre tunisien chargé des Affaires religieuses, Abdeljalil Ben Salem, a été limogé vendredi pour avoir affirmé devant le parlement avoir eu "l'audace" d'interpeller l'ambassadeur d'Arabie Saoudite à Tunis sur l'influence du wahhabisme saoudien.

"J'ai dit aux Saoudiens, avec audace : réformez votre école, car le terrorisme historiquement vient de là", a dit M. Ben Salem un enregistrement effectué par la presse locale lors de son face-à-face avec les députés.

Dans un communiqué, le Premier ministre tunisien, Youssef Chahed, a estimé que son collègue a porté "atteinte aux fondements et principes de la diplomatie tunisienne".

Le ministre des Affaires religieuses répondait à un député du Front populaire, un parti d'opposition, sur sa volonté de "combattre la propagande wahhabite en Tunisie".

Une relation "pleinement harmonieuse"

Depuis la révolution de 2011, de nombreux mouvements djihadistes ont vu le jour en Tunisie et sont accusés par les autorités tunisiennes d'être responsables de la mort de plusieurs dizaines de soldats, de policiers et de civils, dont des touristes étrangers.

Abdeljalil Ben Salem est entré fin août dans le gouvernement d'union de Youssef Chahed.

Vendredi, plusieurs journaux tunisiens ont repris ses propos, amplifiant ainsi la polémique, que M. Ben Salem a tenté d'éteindre en affirmant que la relation de la Tunisie avec Ryad était "pleinement harmonieuse, au service de la religion".

"Rien ne peut troubler les relations entre la Tunisie et l'Arabie Saoudite", a-t-il ajouté peu avant son limogeage.

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