Un blogueur se repent pour sauver sa tête

Mohamed Ould Cheikh Ould Mkhaitir Copyright de l’image MOHAMED CHEIKH OULD MOHAMED MKHAITIR
Image caption Mohamed Ould Cheikh Ould Mkhaitir

La chambre correctionnelle de la Cour suprême mauritanienne va se prononcer mardi sur "la sincérité du repentir" du blogueur Mohamed Ould Cheikh Ould Mkhaitir, condamné à mort pour "apostasie" depuis 2014.

Des chefs religieux mauritaniens ont appelé les autorités judiciaires du pays à faire exécuter la sentence requise depuis deux ans contre lui.

Tout est parti d'un article publié sur Internet, qui a valu à l'auteur d'être perçu comme blasphématoire envers le prophète de l'islam.

En première instance, la Cour criminelle de Nouadhibou (nord-est) l'a reconnu coupable d'"apostasie" et l'a condamné à mort, le 24 décembre 2014.

Le verdict est alors favorablement accueilli par l'opinion publique mauritanienne.

Et l'annonce de la sentence avait été saluée par des manifestations de joie jusqu'à Nouakchott, la capitale.

"Mécréance"

Saisie d'un recours de la défense, la cour d'appel de Nouadhibou a confirmé en avril 2016 la peine de mort requise contre le blogueur, mais en requalifiant les faits en "mécréance", une accusation moins lourde et prenant en compte son repentir.

Elle a renvoyé son dossier à la Cour suprême, qui doit se prononcer ce mardi sur "la sincérité du repentir" du prévenu.

Dans un communiqué publié dimanche, le Forum des oulémas et imams pour la défense du prophète de l'islam, une organisation mauritanienne, a appelé au maintien de la peine de mort requise contre le blogueur âgé de 29 ans.

Selon des experts du système judiciaire mauritanien, la Cour suprême peut confirmer la peine de mort contre l'accusé en dernier ressort ou accepter son repentir et renvoyer le dossier devant une cour de renvoi avec "des recommandations" à suivre.

Elle peut aussi choisir d'annuler toute la procédure et demander au procureur de la République de lui transmettre directement le dossier en vue d'une procédure "normale" de repentir.

Cette disposition pourrait conduire à la libération du jeune blogueur.

La peine de mort, que risque le prévenu, n'est plus appliquée depuis 1987 en Mauritanie, une République islamique.

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