Réfugiés somaliens : Amnesty accuse Nairobi

Entre 250 000 et 350 000 réfugiés somaliens vivent dans le camp de Dadaab. Copyright de l’image AFP
Image caption Entre 250 000 et 350 000 réfugiés somaliens vivent dans le camp de Dadaab.

Les autorités kényanes ont sommé les Somaliens vivant dans le camp de réfugiés de Dadaab de rentrer chez eux dès la fin de ce mois, déclare Amnesty International.

Selon cette organisation de défense des droits de l'homme, des officiels kényans ont promis de rapatrier les occupants de ce camp s'ils ne regagnent pas leur pays de leur propre initiative avant fin novembre.

Amnesty International affirme que les Nations unies ont sous-estimé les risques du retour des réfugiés en Somalie.

Le porte-parole du gouvernement kényan, Eric Kiraithe, a rejeté les accusations de l'organisation de défense des droits de l'homme.

"La plupart des réfugiés disent avoir besoin de commencer une bonne vie. Ils sont prêts à s'en aller", a dit M. Kiraithe à la BBC.

"Il n'y a pas de contrainte venant du gouvernement. Nous avons eu avec eux des échanges sur les conditions de leur réinstallation. Ils ont pensé que c'était normal", a fait valoir l'officiel kényan.

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Image caption Le Kenya affirme que le camp de réfugiés de Dadaab aurait servi de base aux islamistes shebab pour planifier des attaques dans son territoire.

Selon Alastair Leithead, un journaliste de la BBC, le gouvernement du Kenya a annoncé des mesures contradictoires concernant la fermeture, à la fin du mois en cours, du camp de réfugiés de Dadaab, le plus vaste du monde.

Il estime qu'il est peu probable que le gouvernement puisse fermer le camp au terme de ce délai.

Le Kenya a annoncé depuis juin dernier que la fermeture du camp de Dadaab était prévue au plus tard au courant de ce mois.

Il affirme que Dadaab, où vivent entre 250 000 et 350 000 réfugiés somaliens, aurait servi de base aux islamistes shebab de la Somalie pour planifier les attaques contre le centre commercial Westgate, en 2013, et l'Université de Garissa, en 2015, au Kenya.

Les ONG et les Nations unies ont fait part de leur opposition à la fermeture du camp.

Pour les défenseurs des droits de l'homme, cette décision du Kenya est une violation du droit international.

Pour justifier sa décision, le Kenya dénonce la lenteur des rapatriements volontaires vers la Somalie, qui sont prévus par un accord signé en 2013.

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