Cameroun : "le fédéralisme, seule solution"

Fréderic Takang

Des députés et sénateurs SDF et UPC manifestent dans les rues de Bamenda pour réclamer une conférence nationale sur la situation des anglophones.
Image caption Des députés et sénateurs SDF et UPC manifestent dans les rues de Bamenda pour réclamer une conférence nationale sur la situation des anglophones.

Les sénateurs et députés des partis d'opposition, Social Democratic Front (SDF) et l'Union des populations du Cameroun (UPC) ont réclamé lundi une conférence nationale pour examiner la situation des anglophones vivant dans le Nord-Ouest du Cameroun.

Après les vagues de contestations violentes de la semaine dernière à Bamenda, les sénateurs et députés SDF et de l'UPC ont marché dans cette ville pour dénoncer la violence des forces de l'ordre lors des manifestations qui ont suivi la grève des avocats et des enseignants.

Les élus, entourés d'un millier de partisans, ont brandi des pancartes et chanté des slogans hostiles au gouvernement du président Paul Biya.

« Non à la violence lors des manifestations, le fédéralisme est la seule solution, le problème anglophone est réel au Cameroun », pouvait-on lire sur les pancartes.

« Nous demandons une conférence nationale pour le problème anglophone au Cameroun », a lancé l'honorable Tchinda Fobi, député SDF de Bamenda, devant la foule.

Image caption Des députés et sénateurs SDF et UPC, accompagnés de leur partisans, réclament des sanctions contre les forces de l'ordre ayant tiré sur des manifestants.

Selon le sénateur Sockeng Etient, venu de la région de l'Ouest Cameroun, il s'agit « d'une marche de solidarité à l'endroit des populations, des manifestants, pour soutenir leurs revendications pertinentes ».

Ces élus exigent des services du gouverneur de la région des sanctions à l'encontre des agents des forces de l'ordre qui ont tiré des gaz lacrymogène dans la résidence du leader du SDF Ni John Fru Ndi, occasionnant la mort d'un manifestant lors des protestations.

Image caption Une marche de solidarité à l'endroit des populations, à l'appel des sénéteurs et des députés des deux principaux partis d'opposition à Bamenda.

Après avoir reçu les députés et sénateurs, membres de l'opposition, le gouverneur de la Région du Nord-Ouest, Adolphe Lele Lafrique, a appelé les différents camps au dialogue.

« J'en appelle donc aux uns et aux autres à revenir à la raison, à se rappeler que nous sommes dans une République qui a des règles et à se conformer aux lois et règlements de la République pour rechercher une solution», a suggéré M. Lele Lafrique.

Le représentant de l'Etat dans la région a assuré que « le gouvernement prend très au sérieux cette situation.»

La marche de lundi survient au lendemain du départ du premier ministre Philémon Yang qui a séjourné à Bamenda le weekend, sans trouver de solution à la grève des avocats et enseignants anglophones.

Ces derniers réclament une reconnaissance du système juridique anglophone, et dénonce la dominance du français dans le système éducatif anglophone.

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