Le Burundi accuse de nouveau le Rwanda

Prime Ndikumagenge, BBC Afrique, Bujumbura

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Ecoutez le porte-parole de la police burundaise

La police burundaise accuse les autorités rwandaises d'avoir tenté de faire assassiner Willy Nyamitwe, le conseiller en communication du président Pierre Nkurunziza.

Selon les autorités du Burundi, M. Nyamitwe a échappé à une attaque menée par des hommes armés de fusils et de grenades, lundi soir, près de son domicile, dans une banlieue située à l'ouest de Bujumbura, la capitale.

Lors d'un point de presse, le porte-parole de la police burundaise, Pierre Nkurikiye, a déclaré que deux des assaillants ont été arrêtés.

Selon lui, ils sont liés au gouvernement rwandais, duquel ils ont reçu la consigne d'assassiner Willy Nyamitwe.

"Nous avons déjà appréhendé un militaire. (…) Dans la poursuite des criminels, un caporal a déjà été appréhendé. Il détenait des pistolets et a dit qu'ils avaient pour mission d'assassiner le conseiller (Willy Nyamitwe, Ndlr). Selon lui, la mission était commandée depuis Kigali", a déclaré Pierre Nkurikiye.

"Un militaire rwandais était dans le coup, ainsi que des Burundais basés à Kigali. Les ordres et les moyens à utiliser devaient transiter par un colonel de l'armée (…) qui a été arrêté récemment et emprisonné. Et ce dernier devait mener et coordonner les exécutions sur le terrain", a ajouté le porte-parole de la police du Burundi.

Image caption Selon les autorités burundaises, Willy Nyamitwe (en photo) a échappé à une tentative d'assassinat, dans la soirée du lundi 28 novembre 2016.

Ce n'est pas la première fois que Bujumbura accuse le Rwanda de mener des agressions physiques dans son territoire.

Après l'assassinat de Hafsa Mossi, une députée burundaise membre du Parlement de la communauté des Etats d'Afrique de l'Est, en juillet dernier, à Bujumbura, les autorités du Burundi avaient soutenu que l'assaillant était lié au gouvernement rwandais.

Le Rwanda est accusé aussi d'accueillir les auteurs du coup d'Etat manqué de mai 2015 au Burundi et de former des réfugiés burundais chargés de mener des attaques dans leur pays d'origine.

Kigali a toujours démenti les accusations de Bujumbura.

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