Zuma échappe à une destitution

Jacob Zuma est très affaibli par les accusations de corruption et les appels à la démission. Copyright de l’image Reuters
Image caption Jacob Zuma est très affaibli par les accusations de corruption et les appels à la démission.

La direction de l'ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud, a rejeté l'appel lancé par certains de ses membres pour la démission du président Jacob Zuma.

Le rejet de la motion visant à démettre M. Zuma de ses fonctions de chef de l'Etat a eu lieu lundi soir, lors d'une réunion entamée depuis samedi, selon plusieurs médias sud-africains.

La motion a été proposée, à la surprise générale, par le ministre du Tourisme, Derek Hanekom, qui avait le soutien de ses collègues chargés de la Santé, Aaron Motsoaledi, et des Travaux publics, Thulas Nxesi.

Le deuxième mandat de Jacob Zuma, entamé en 2014 pour cinq ans, a été marqué par de nombreuses accusations de corruption et de trafic d'influence contre lui.

Il a échappé à de nombreuses initiatives lancées pour sa démission, mais c'est la première fois qu'une démarche est entamée au sein de l'ANC pour l'écarter du pouvoir.

Mardi après-midi, les responsables de la direction du parti donnent une conférence de presse, durant laquelle ils pourraient rendre publiques les conclusions de la réunion de trois jours consacrée à la motion de défiance proposée par le ministre du Tourisme, selon Valérie Hirsch, une correspondante de BBC Afrique à Johannesburg.

Paradoxalement...

Le débat auquel ont participé 78 membres de la direction de l'ANC a été houleux, selon des responsables qui y ont pris part.

Paradoxalement, les 80 membres du comité exécutif du parti peuvent démettre Jacob Zuma de ses fonctions de chef de l'Etat, mais ils ne sont pas compétents pour l'écarter de la présidence du parti, rappelle Hirsch.

En 2008, ils avaient forcé son prédécesseur Thabo Mbeki à quitter le pouvoir six mois avant la fin de son mandat.

Selon des sources au sein de la direction de l'ANC, au moins 34 membres du comité exécutif de l'ANC, dont le chef des élus du parti au Parlement, se sont prononcés pour sa démission.

Quelle que soit la décision prise, le chef de l'Etat est très affaibli par les accusations de corruption et les appels à la démission.

Il pourrait comparaître samedi devant le comité de déontologie de l'ANC, à la demande de 101 vétérans du parti, dont Ahmed Kathrada (1918-2013), un militant anti-apartheid et ancien compagnon de lutte de Nelson Mandela, le premier président noir de l'Afrique du Sud.

Sur le même sujet

Lire plus