RDC : l'Eglise catholique tire la sonnette d’alarme

Image caption La Cenco estime que, autour d'une table un compromis politique est encore possible

Un nouveau dialogue est nécessaire en République démocratique du Congo pour éviter au pays de sombrer dans une situation incontrôlable. C'est l'avis de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

"L'heure est grave" prévient la Cenco. A environ deux semaines de la fin du second et dernier mandat du président Joseph Kabila, les évêques catholiques congolais signalent que les risques de violence menacent la paix et la stabilité de la RDC.

Ces derniers notent que la crise politique s'est aggravée dans ce pays après l'accord signé entre la majorité présidentielle, une frange de l'opposition et la société civile et qui reporte à une date indéterminée la présidentielle et maintien au pouvoir Joseph Kabila.

C'est pourquoi, prenant à témoin le peuple congolais et la communauté internationale, l'abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco a appelé à la responsabilité et à la bonne volonté des hommes politiques congolais d'engager un nouveau dialogue.

L'appel des évêques intervient après plusieurs semaines de médiation infructueuse entre le "Rassemblement" (coalition de l'opposition radicale) d'une part, et la majorité au pouvoir et une frange minoritaire de l'opposition ayant participé au "dialogue national" en septembre.

"Nous avons pris acte de cet échec" de la médiation de la Cenco, "nous recommandons au président de la République, aux autres institutions ainsi qu'au facilitateur" de l'Union africaine, l'ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo "de poursuivre la mise en œuvre de l'accord politique", a déclaré à la télévision publique Geneviève Inagosi, une porte-parole de la Majorité présidentielle (MP).

Les évêques craignent que l'opposition radicale exécute sa menace d'organiser des manifestations populaires le 19 décembre pour contraindre le président Kabila de quitter le pouvoir en cas d'échec de cette tentative de rapprochement menée par les évêques.

Vendredi soir, le Rassemblement s'est dit favorable à la médiation des évêques "pour une sortie pacifique de la crise" et a promis de donner sa position officielle aussi bien sur la déclaration des évêques que celle de la majorité.

Lire plus