Gambie : la commission électorale encerclée

Les forces de sécurité gambiennes ont empêché les employés d'entrer dans le siège de la commission électorale selon Alieu Momarr Njai, le président de la commission électorale. Copyright de l’image Reuters
Image caption Les forces de sécurité gambiennes ont empêché les employés d'entrer dans le siège de la commission électorale selon Alieu Momarr Njai, le président de la commission électorale.

Les forces de sécurité gambiennes ont saisi mardi le siège de la commission électorale.

Ils ont également empêché les employés d'y entrer, a déclaré le président de la commission électorale, Alieu Momarr Njai, à la BBC.

Le même jour, quatre chefs d'État africains sont arrivés en Gambie pour une médiation en vue de convaincre Yahya Jammeh de céder le pouvoir dans la paix.

La délégation conduite par Ellen Jonhson Sirleaf, présidente en exercice de la CEDEAO, est composée de plusieurs chefs d'Etat dont le Ghanéen John Dramani Mahama, le Nigerian Muhammadu Buhari et le Sierra Léonais Ernest Bai Koroma.

Elle tentera de convaincre Yahya Jammeh de remettre le pouvoir à Adama Barro, le vainqueur de la présidentielle du 1er Décembre.

La vice-présidente de la Gambie, Isatou Njie-Saidy, a rejoint la délégation à l'hôtel Ocean de Banjul.

Yahya Jammeh avait, dans un premier temps, accepté sa défaite mais a changé de position une semaine après appelant à de nouvelles élections.

L'ambassadeur de la Gambie aux Etats-Unis, Sheikh Omar Faye, a aussi appelé Yahya Jammeh a céder le pouvoir.

Image caption L'ambassadeur de la Gambie aux Etats-Unis, Sheikh Omar Faye, a aussi appelé Yahya Jammeh a céder le pouvoir.

La délégation de la CEDEAO a le soutien du conseil de sécurité de l'Onu qui a appelé lundi Jammeh à céder le pouvoir.

Dans une déclaration, l'ONU appuie la mission sous régionale conduite par la présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf.

Les diplomates sont unanimes quant au respect des résultats de la présidentielle Gambienne conformément aux recommandations constitutionnelles du pays.

Un recours à la force pour faire respecter le choix du peuple n'est pas à exclure, selon l'ambassadeur Ismael Gaspar Martins de l'Angola, membre du conseil de sécurité.

Cette visite survient après la condamnation par le Barreau gambien du rejet des résultats de la présidentielle par le président Yahya Jammeh.

Le Barreau qualifient cette volte-face du président sortant de trahison et demande aux avocats gambiens de boycotter les tribunaux jusqu'à ce que Jammeh remette le pouvoir au vainqueur de la présidentielle.

C'est ce lundi que le président gambien compte déposer son recours devant la Cour suprême de son pays pour faire annuler les résultats du scrutin présidentiel.