En Egypte, les livres ont encore la côte

Les lecteurs restent cependant attachés à ce salon du livre qui est aussi l'occasion de faire des affaires. Copyright de l’image Ariane Lavrilleux
Image caption Les lecteurs restent cependant attachés à ce salon du livre qui est aussi l'occasion de faire des affaires.

Le salon international du livre du Caire attire chaque année plus d'un million de visiteurs mais cette année l'inflation galopante en Egypte pénalise fortement l'industrie du livre.

Devenus très chers pour la plupart des Egyptiens, les romans se vendent moins bien.

Les lecteurs restent cependant attachés à ce salon du livre qui est aussi l'occasion de faire des affaires.

Emad est venu avec son fils de 10 ans fureter entre les dizaines de stands du salon du livre.

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Image caption Le salon du livre attire les lecteurs

C'est un rendez-vous qu'il ne rate jamais mais cette année, il regarde beaucoup plus les prix même des livres d'occasion.

"Heureusement j'ai obtenu des réductions de 50% dans certains stands mais il faut bien chercher ! Par exemple ce roman d'Orwell 1984… je l'avais trouvé à 25 guinées.. et puis j'ai vu le même plus loin à 20 guinées donc j'ai rendu l'autre et pris celui-là. Je dois économiser ! Mais je dois encourager mon fils à lire tout le temps, tous les jours", indique-t-il.

Avec 100 guinées (la monnaie égyptienne) Emad a réussi à repartir avec 5 livres traduit en arabe dans son sac.

Une bonne affaire puisqu'en moyenne un roman est vendu entre 60 et 120 livres c'est-à-dire entre 3 et 6 euros.

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Image caption Le public vient acheter des livres

Face aux rayons de littérature anglaise, Sara est tentée par plusieurs titres.

Mais pour cette jeune traductrice, un livre américain équivaut à une semaine de salaire.

" J'adore Nicholas Park, et l'auteur Paolo Coelho, j'ai très envie de lire leurs livres mais maintenant c'est très durs pour nous d'arriver à acheter ces livres en anglais. Les romans que j'ai achetés l'année dernière ont augmenté de 15%"", affirme-t-il.

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Image caption Face aux rayons de littérature anglaise, Sara est tentée par plusieurs titres.

Certaines maisons d'édition ont même plus que doubler leur prix.

En cause : la dévaluation de la monnaie égyptienne et l'augmentation du prix du papier importé.

Chez l'éditeur Dar al Tanweer, les ventes ont baissé de 50% estime son directeur Joseph Rizk.

"Nos prix, nos profits et nos pertes sont calculés en dollars américain. Et bien sûr les droits d'auteurs étrangers sont en dollar. Or la moitié de nos publications sont des traductions. Ce qui veut dire que si le prix du dollar augmente. On est obligé d'augmenter nos prix en guinée, la monnaie égyptienne. En 2012, le dollar valait 6 guinée et 66 centimes. Maintenant il vaut 20 ! Le même livre qui valait 60 guinées est vendu aujourd'hui à 160 guinées. Donc bien sûr le nombre de ventes a baissé et c'est compréhensible", soutient-il.

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Image caption Certaines maisons d'édition ont même plus que doubler leur prix.

Malgré ce contexte morose, les Egyptiens ne semblent pas encore boycotter la lecture.

Cette année, les organisateurs du salon du livre ont comptabilisé 2 millions et demi de visiteurs et espèrent atteindre les 3 millions.

Au Caire, Ariane Lavrilleux,

BBC Afrique