Famine : quatre pays touchés

five-year-old Mohannad Ali lies on a hospital bed in Abs, Yemen Copyright de l’image Unicef
Image caption Agé de cinq ans Mohannad Ali patiente au sein d'un hôpital au Yémen en Décembre dernier. SA petite cousine agée de deux ans est morte de famine

L'ONU appelle la communauté internationale à agir pour éviter la "catastrophe".

Le secrétaire adjoint aux affaires humanitaires des Nations Unies, Stephen O'Brien, a déclaré que plus de 20 millions de personnes étaient menacées par la famine au Yémen, en Somalie, au Sud-Soudan et au Nigeria.

L'Unicef estime à 1,4 millions le nombre d'enfants qui pourraient mourir de faim cette année.

Mr O'Brien a déclaré que 4,4 milliards de dollars étaient nécessaires d'ici juillet pour éviter la catastrophe.

"Nous sommes à un moment critique de l'histoire", a-t-il avertit, vendredi au Conseil de sécurité. "Déjà au début de l'année, nous étions confrontés à la plus grande crise humanitaire depuis la création de l'ONU".

"Aujourd'hui, plus de 20 millions de personnes à travers quatre pays sont confrontées à la famine : sans efforts collectifs et une coordination à l'échelle mondiale, les gens mourront de faim et bien plus souffriront et mourront de ce fléau.

Pourquoi l'aide humanitaire n'arrive-t-elle pas sur place ?

Yémen

Au Yémen, on estime qu'un enfant meurt toutes les 10 minutes. 500 000 enfants en dessous de cinq ans souffrent de famine sur les 19 millions de Yéménites touchés, ce qui représente deux tiers de la population.

La poursuite des combats, l'inexistence de l'Etat de droit, la mauvaise gouvernance, le sous-développement... autant de raisons qui empêchent l'aide humanitaire d'arriver à ceux qui sont dans le besoin.

Un embargo naval imposé par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite, les combats autour du port contrôlé par le gouvernement d'Aden et les frappes aériennes sur le port de Hudaydah détenu par les rebelles, ont considérablement réduit les importations depuis 2015.

Le manque de carburant, conjugué à l'insécurité et les dommages causés aux places de marchés et aux routes, a également empêché la distribution de fournitures.

Soudan du Sud

Au Soudan du sud, les agences de l'ONU, 100 000 personnes sont exposées à la famine, tandis qu'un autre million est en insécurité alimentaire.

C'est la plus grave des urgences alimentaires actuelles, et la plus répandue à l'échelle nationale.

4,9 millions de personnes - soit 40% de la population du Soudan du Sud - ont «besoin d'une aide urgente en matière d'alimentation, agricole et de nutritive».

Les combats incessants depuis le début de la guerre en 2013, le sous-développement…

Certains responsables de l'ONU ont laissé entendre que le gouvernement du président Salva Kiir a bloqué l'aide alimentaire dans certaines régions - une accusation réfutée par les autorités.

On a également signalé que des convois humanitaires et des entrepôts aurait été attaqués ou pillés par le gouvernement ou par des forces rebelles.

Nigéria

Pour les Nations unies il s'agit de la "plus grande crise du continent" situé dans le nord-est du Nigéria. Une famine révélée seulement après le recul du groupe Boko Haram de la région

Le groupe djihadiste y avait tué 15 000 personnes et fait se déplacer plus de deux millions de Nigérians. Leur retrait de cette zone a obligé des milliers de personnes à vivre dans des conditions de famine et en état d'urgence alimentaire.

L'ONU estime qu'en décembre 2016, 75 000 enfants étaient en insécurité alimentaire. 7,1 millions de personnes au Nigeria et dans la région voisine du lac Tchad sont considérées comme «gravement atteintes d'insécurité alimentaire».

Les attaques de Boko Haram, le sous-développement… Il reste des zones contrôlées par Boko Haram, que les agences d'aide ne peuvent atteindre.

Des soupçons de vol d'aide alimentaire font l'objet d'une enquête par le Sénat Nigerian.

Somalie

La dernière fois qu'une famine a été déclarée en Somalie, c'était il y a six ans. Près de 260 000 personnes en sont mortes.

Au début du mois de mars, 110 personnes ont trouvé la mort dans une des régions en 48 heures.

Les groupes humanitaires craignent que ce ne soit que le début. Un manque d'eau - dû en partie sur le phénomène météorologique El Nino - a tué le bétail et les cultures, laissant 6,2 millions de personnes dans un besoin urgent d'aide.

Les attaques en continu du groupe islamiste al-Shabab, l'absence d'Etat de droit et le sous-développement expliquent le fait que l'aide n'arrive pas sur place.

La piraterie au large de la côte somalienne a entravé les expéditions par le passé. Cependant les attaques ont considérablement diminués ces dernières années.

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