Cameroun : un marché incendié à Bamenda

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Image caption Igname, macabo, huile, riz et autres produits ont été consumées par l'incendie.

Mardi, un marché a pris feu dans la ville de Bamenda au petit matin. Les autorités locales privilégient la piste criminelle.

Pricillia est commerçante. Elle dit avoir tout perdu. Pour elle, les dégâts de cet incendie s'élèvent à plusieurs milliers de Francs CFA.

Une autre commerçante témoigne au micro de la BBC : « On m'a appelé vers 4h30 (3h30GMT) du matin, et avant-même que je n'arrive tout était en cendre. Je vendais du tapioca, des pattes, voici mes ignames dans le feu, montre-t-elle, tout est brûlé. »

Le feu qui s'est déclenché dans la nuit de lundi à mardi matin et a ravagé près de 200 boutiques sur le flanc ouvert de ce marché.

Les autorités de la ville ont constaté l'ampleur des dégâts et parlent d'un incendie criminel en rapport avec la crise dans la zone anglophone.

Les protestataires militent depuis plusieurs semaines pour le fédéralisme, la sécession, le rétablissement de la connexion internet et les libérations des leaders arrêtés lors des manifestations qui secouent le nord-ouest et le sud-ouest, toutes deux régions anglophones du Cameroun.

L'une des grandes places d'échanges commerciaux du Cameroun

Image caption Les autorités de la ville ont constaté l’ampleur des dégâts et parlent d’un incendie criminel

Igname, macabo, huile, riz et autres produits sont consumées. Des commerçants du marché de vivres de Bamenda sont en larmes devant le spectacle de désolation laissé par l'incendie et d'où montent encore des volutes de fumée.

Le marché de Bamenda est l'une des grandes places d'échanges commerciaux qui ravitaille les marchés du Cameroun en vivres. Une situation déploré par la population qui en appel au gouvernement. Elle souhaite que le gouvernement se penche sérieusement sur cette crise qui secoue les régions anglophone du Cameroun.

L'incendie survient après celui de plusieurs écoles dans le nord-ouest et le sud-ouest toutes deux régions anglophones du Cameroun.

Un climat de terreur et d'insécurité ressenti par les habitants de ces zones que l'Etat peine à combattre depuis plus de deux mois.

A Bamenda, la correspondance de Frederik Takang

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