Kenya : le test du souffle jugé illégal

Un automobiliste kenyan contraint au test du souffle pour mesurer son alcoolémie Copyright de l’image AFP
Image caption Un automobiliste kenyan contraint au test du souffle pour mesurer son alcoolémie

Un tribunal kenyan a interdit les tests d'alcoolémie effectués sur les automobilistes qui ont dépassé la limite normale.

La décision a été prise à la suite d'une bataille de trois ans engagée par le propriétaire du bar "Kariuki Ruitha", qui se plaignait de ladite mesure qui ruinait ses affaires.

M. Ruitha a soutenu qu'ils ont violé les droits constitutionnels des Kenyans pour prendre leurs propres décisions de style de vie, y compris la consommation de la quantité de boissons désirée.

Les trois juges, siégeant à la Cour d'appel, ont déclaré que les conducteurs ivres pourraient encore être facturés en vertu des lois de la circulation.

"Oppressant et déraisonnable"

Selon les médias locaux, M. Ruitha, qui possède un bar à Nairobi, avait perdu 80% de ses affaires parce que les clients étaient harcelés quand ils quittaient ses locaux.

Cette situation l'avait conduit à licencier 44 employés, a déclaré un journal local.

En 2014, son avocat a décrit les règles comme étant "oppressives et déraisonnables" si quelqu'un n'avait pas déjà commis une infraction de conduite.

Son argument a été soutenu par un deuxième propriétaire de bar, qui avait initialement lancé une plainte similaire.

Cette victoire peut cependant être éphémère car les juges ont renvoyé la loi au Parlement pour une réécriture.

"Comme la nécessité d'interdire la conduite en état d'ébriété est encore grave, et cette question est d'un grand intérêt public, sans aucun doute, les autorités vont rapidement se décider pour y remédier", a-t-il insisté.

Les routes Kenyanes font plusieurs victimes chaque année et sont considérées comme les plus dangereuses au monde.

Au premier semestre de l'année dernière, 1 574 personnes sont mortes dans des accidents.

Sur le même sujet