Maroc: un ex-salafiste appelle à réformer l'Islam

Abou Hafs, qui appelle à réformer l'Islam, ouvre ainsi le débat sur l'égalité en matière d'héritage, une question taboue dans le royaume. Copyright de l’image AFP
Image caption Abou Hafs, qui appelle à réformer l'Islam, ouvre ainsi le débat sur l'égalité en matière d'héritage, une question taboue dans le royaume.

Au Maroc, un ancien prédicateur radical a appelé à débattre des règles successorales islamiques dans un livre collectif publié mi-avril avec une centaine d'écrivains, journalistes et artistes.

Abou Hafs, qui appelle à réformer l'Islam, ouvre ainsi le débat sur l'égalité en matière d'héritage, une question taboue dans le royaume.

Selon lui, la question de l'héritage doit être cohérente avec les évolutions qu'a connues la société.

Il a invité les religieux, sociologues, militants des droits de l'Homme à ouvrir le "dialogue, avec comme principal moteur la justice".

LIRE AUSSI

Mohammed VI défend l'"islam tolérant"

Mohammed VI du Maroc, un roi « stylé »

Le Maroc arrête 52 djihadistes présumés

L'ex-prêcheur Abdelwahab Rafiki, alias Abou Hafs, a été condamné à 30 ans de prison après les attentats de Casablanca en 2003 qui avaient fait 45 morts.

Il a été gracié en 2012 après avoir entamé une révision idéologique. Selon le coran, la femme n'a droit qu'à la moitié de ce qu'hérite l'homme.

L'ex-prédicateur repenti a multiplié les interviews dans la presse locale et défendu sa position dans une émission sur la chaîne publique 2M qui a rencontré un succès inattendu.

"Menaces de mort"

Copyright de l’image AFP
Image caption Abou Hafs a été exclu d'une organisation maghrébine d'oulémas.

Ces prises de positions ont agité les réseaux sociaux dans le pays. Des menaces de morts anonymes y ont été postées.

Abou Hafs a été exclu d'une organisation maghrébine d'oulémas. Il a "non seulement retourné sa veste, mais l'a déchirée", a fustigé le controversé cheikh Mohamed Fizazi, lui aussi condamné après les attentats de Casablanca.

"Comment un aliéné peut affirmer que le droit à l'héritage n'est pas une ligne rouge alors qu'il s'agit d'un mur infranchissable", a martelé Hassan Kettani, figure de proue du courant salafiste au Maroc.

"J'ai été menacé de mort, excommunié mais j'ai aussi reçu beaucoup de messages de soutien", poursuit-il.

Sur le même sujet