Mandat d'arrêt contre un général de Jammeh

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Image caption L'acte d'accusation contre l'ancien patron de la garde de Yahya Jammeh indique qu'il est poursuivi pour les chefs d'inculpation d'assassinat et de conspiration pour commettre un meurtre

La justice gambienne a émis lundi un nouveau mandat d'arrêt international contre le général Sulayman Badjie, ancien chef de la garde nationale républicaine, sous l'ex-président Yahya Jammeh.

Avec huit autres soldats de l'armée gambienne, le général Badjie est poursuivi pour sa participation présumée au meurtre, en 2013, d'Ebou Jobe et d'Alhagie Mamud Ceesay, deux citoyens américains d'origine gambienne.

Le général Sulayman Badjie et ses 8 coaccusés auraient dû comparaitre jeudi dernier devant la juge Isatou Janneh-Njie du Tribunal de grande instance de Banjul pour les chefs d'inculpation d'assassinat et de conspiration pour commettre un meurtre.

Sauf que le général Sulayman Badjie se trouve en Guinée équatoriale aux côtés de l'ancien président de la Gambie.

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Image caption Adama Barrow, nouveau président de la Gambie

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Des victimes décapités

L'acte d'accusation contre l'ancien patron de la garde de Yahya Jammeh indique en effet qu'au moment des faits, le général Sulayman Badjie, le colonel Solo Bojang, le lieutenant Nuha Badjie, le major Momodou Jarju, le capitaine Mustapha Sanneh, le capitaine Michael Jatta, le sergent-chef Sulayman Sambou, le soldat Nfansu Nyabally et le caporal Saikouba Jarju ont enlevé Ebou Jobe et Alhagie Mamud Ceesay.

Ces derniers étaient arrivés quelques heures plus tôt des Etats-Unis avec l'intention de faire des affaires dans leur pays natal.

Après leur enlèvement, les deux ressortissants américains d'origine gambienne ont d'abord été conduits au palais présidentiel de Banjul puis transportés à bord d'un véhicule banalisé vers Kanilai, le village natal de Yahya Jammeh. Làbas, ils ont été décapités à la machette, toujours par la même équipe, selon l'acte d'accusation.

Enquête du FBI

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Image caption Le régime de Yahya Jammeh a toujours nié les faits

Le régime de Yahya Jammeh a toujours nié les faits et disait à l'époque qu'Ebou Jobe et Alhagie Mamut Ceesay n'ont fait qu'une escale à Banjul avant d'aller en Guinée-Bissau. Sauf qu'avec la chute de Yahya Jammeh, les langues se sont déliées.

La police gambienne aidée par la police fédérale américaine, le FBI, a pu recouper les événements de juin 2013. Les corps des deux disparus ont été exhumés dans la forêt d'Allakunda située à quelques encablures du palais de Yahya Jammeh à Kanilai son village natal.

Reste que si le mandat d'arrêt contre le général Sulayman Badjie révèle des avancées concrètes dans ce dossier, rien n'indique que le bras droit de Yahya Jammeh sera extradé de Malabo où des photos l'ont récemment montré en train de faire du jardinage avec son patron.