Camrail-Enquête : "on n’a pas dit la vérité"

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Image caption Le président annonce un milliard de francs CFA pour les victimes

"Je leur ai dit à la commission d'enquête que c'étaient des mensonges et ils m'ont dit de ne pas en parler ailleurs", a réagi Emmanuel Mbombog Mbog Matip qui se présente comme étant le président du collectif des familles des victimes du déraillement du train survenu près de la localité d'Eséka le 21 octobre dernier.

La commission d'enquête dirigée par le Premier ministre annonce que le rapport remis au Chef d'Etat sera transmis à la justice pour situer toutes les responsabilités mais Emmanuel Mbombog Mbog Matip affirme qu'il ne faut s'attendre à rien.

"Tout pouvoir vient du président de la république" a-t-il ajouté, expliquant que la publication du rapport vise à distraire l'opinion.

Paul Biya a en effet ordonné de prendre des sanctions à l'encontre de tout responsable cité par le rapport comme étant impliqué dans le drame.

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Image caption Le système de freinage du train en surcharge était défectueux

Le rapport mentionne la défaillance du système de freinage.

''Le conducteur du train avait pris la route presque contre sa volonté, la Camrail n'ayant pas tenu compte des réserves qu'il avait émises'', a souligné l'enquête, tenant compte de l'affluence et de l'ajout des wagons supplémentaires. L'axe routier reliant Douala à Yaoundé était interrompu à la suite de la rupture de la buse d'un pont.

Le président camerounais qui a annoncé le déblocage de 1 milliard de franc CFA pour une assistance complémentaire aux victimes, a instruit Camrail de finaliser le processus de dédommagement.

La société ferroviaire avait entrepris de verser 1,5 millions de FCFA à chaque victime ou aux ayants droits.

Une stèle commémorative sera érigée dans la ville d'Eséka où l'accident a fait officiellement près de 80 morts et 600 blessés.