Gambie: un mort et cinq blessés à Kanilai

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Image caption Les manifestants ont demandé le départ de toutes les forces de l'ECOMIG et de l'armée gambienne de Kanilai.

A Kanilai, le village natal de l'ancien président Yahya Jammeh, des manifestations ont fait un mort et cinq blessés.

22 personnes ont été arrêtées selon le ministre de l'Intérieur Mai Fatty qui a écourté un voyage officiel pour revenir dans son pays.

Dans sa déclaration radio télévisée, le ministre gambien de l'Intérieur a indiqué que 22 personnes ont été interpellées, ajoutant que d'autres suspects, dont le chef de village de Kanilai, sont activement recherchés.

Les autorités gambiennes reprochent à ces personnes d'avoir incité les populations à la violence contre les troupes de la MICEGA.

"Certains détenaient des armes traditionnels avec lesquelles ils sont descendus dans la rue, brûlant des pneus et se comportant en hors la loi, sans autorisation", a indiqué M. Fatty.

Les manifestants ont demandé le départ de toutes les forces de l'ECOMIG et de l'armée gambienne de Kanilai.

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Une demande à laquelle le gouvernement gambien ne compte pas accéder selon le ministre de l'Intérieur Mai Fatty.

"La MICEGA est notre hôte. Aucun citoyen n'a le droit de dicter sa loi au nom de la démocratie. C'est au gouvernement gambien de définir les besoins de sécurité et de déployer les forces de sécurité partout dans le pays, selon la nécessité et en tout temps", a indiqué M. Fatty.

Quant à l'autre demande des habitants de Kanilai qui veulent le retour de Yahya Jammeh dans son village natal, le gouvernement gambien considère que la page de celui qui a dirigé la Gambie de main de maître pendant 22 ans est définitivement tournée.

"Les populations de ce pays ont tourné le dos à l'usage de la violence et des comportements hors la loi, et ont préféré la coexistence pacifique avec l'élection d'un nouveau président en décembre dernier", a-t-il ajouté.

A Kanilai, la colère est loin de s'estomper après l'annonce samedi de la mort du jeune manifestant blessé par balle, un jour plus tôt.

Il sera inhumé ce lundi dans son village où certaines populations qui craignent de nouveaux débordements ont déjà traversé la frontière pour se rendre en Casamance, région du Sud du Sénégal et frontalière de la Gambie.

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