Transfert d’argent : les solutions "pas chères" de la diaspora africaine

Rémy Nsabimana

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Image caption (À droite) Stephan Dowouo, cofondateur et président de Squares Union, une plateforme de transfert d'argent en ligne entre le Canada et l'Afrique

Des jeunes africains de la diaspora n'en pouvaient plus de payer chèrement et difficilement l'envoi de leur argent vers l'Afrique. Alors, ils ont créé des entreprises qui le font plus simplement et à moindre coût.

De Montréal vers Yaoundé ou de Paris vers Dakar, les frais de transfert d'argent sont assez élevés.

Selon la Banque mondiale, la diaspora africaine paie plus chers ses transferts d'argent internationaux que n'importe quelle autre communauté d'expatriés sur la planète.

Dans certains cas, les Africains de l'étranger dépensent deux fois plus que la moyenne.

En Afrique du sud, en Tanzanie ou encore au Ghana, les frais atteignent même les 20%.

Une cherté que connaissent très bien Freddy Ghislain Noumeyi et Ken Kakena. À tel point qu'ils ont décidé de proposer des solutions plus simples et moins couteuses.

Squares Union : numérique, simple, sécurisé

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Image caption Freddy Ghislain Noumeyi, cofondateur et vice-président de Squares Union

C'est l'idée de trois entrepreneurs camerounais vivant au Canada. Un service en ligne de transfert d'argent entre l'Occident et l'Afrique.

"C'est la situation que nous vivions au Canada qui nous a poussés à créer notre propre solution. C'est un pays immense et se déplacer pour trouver un point Western Union ou Moneygram, n'est pas chose facile. L'autre problème, c'est le facteur climatique. Se déplacer en hiver ou en période de tempête, c'est très compliqué. Tous ces facteurs limitaient l'envie et la possibilité pour nous de pouvoir venir en aide à nos proches restés en Afrique", explique Freddy Ghislain Noumeyi, cofondateur de Squares Union.

Mais au-delà de vouloir résoudre un problème commun, les trois entrepreneurs sont surtout conscients d'énormes sommes d'argent qui circulent entre les diasporas et le continent africain.

D'après la Banque mondiale, les Nigérians expatriés ont transféré en 2014 pas moins de 21 milliards de dollars vers leur pays d'origine.

La banque mondiale va même jusqu'à dire que « Si l'on pouvait convaincre un membre de la diaspora sur dix d'investir 1 000 dollars dans son pays d'origine, l'Afrique collecterait ainsi 3 milliards de dollars par an pour financer le développement ».

Wizall : faciliter les échanges entre les diasporas et leurs familles

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Image caption Ken Kakena et Sébastien Vetter, cofondateurs de Wizall disent vouloir "transformer le marché du transfert d'argent"

Selon le Haut Conseil des Maliens de l'Extérieur, "les Maliens de France ont transféré au Mali près de 300 milliards FCFA en 2016". De l'argent envoyé pour nourrir des proches, financer leur éducation ou construire des infrastructures. En créant Wizall, le franco-congolais Ken Kakena et Sébastien Vetter ont voulu faciliter la tâche aux familles.

"Nous proposons plus que du transfert d'argent traditionnel. Nous avons lancé un service de transfert de bons d'achat avec de bons alimentaires, santé et éducation. Et il faut dire aussi que les frais d'envoi avaient atteint un niveau inacceptable. Il était temps que les choses changent", martèle Ken Kakena, cofondateur Wizall.

Les deux initiatives disent vouloir "transformer le marché du transfert d'argent". À long terme, il s'agit de faire baisser, voire supprimer, les frais de transferts prohibitifs tout en démocratisant les modes de transferts alternatifs.

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