Bénin : nouvelle récolte record de coton

Le Bénin est 4è producteur africain de coton en 2016 Copyright de l’image Getty Images
Image caption Le Bénin est 4è producteur africain de coton en 2016

Le Bénin a produit un record de 451.000 tonnes de coton graine durant la campagne 2016-2017.

Le coton est le premier produit d'exportation du Bénin et fournit près de 40 % des devises. 325 000 familles en vivent. Le pays figurait parmi les 4 meilleurs producteurs africain en 2016.

Les prévisions pour la campagne 2016-2017 au Bénin étaient de 350000 tonnes de coton graine.

Mais les chiffres présentés, début juin à l'Assemblée Nationale par les autorités béninoises sont au-delà des attentes. Delphin Koudandé, Ministre de l'Agriculture a annoncé que la « production cotonnière a atteint un niveau record jamais atteint de 451000 tonnes, contribuant pour 7 milliards à l'économie nationale ».

Au Bénin, les usines d'égrenage de coton ont une capacité totale de 612.500 tonnes.

Selon Jocelyn Nenehidini, expert de la chaîne de valeur du coton, les résultats de la campagne 2016-2017, s'ils sont confirmés par les données fiscales, sont éloquents.

Le coton dans l'économie du Bénin

60%

du Tissu industriel

12%

du Pib

  • 40% des devises

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« 451000 tonnes dans l'histoire de la production cotonnière du Bénin, pour autant que ces chiffres-là soient confirmés par toutes les structures, c'est effectivement un nouvel exploit par rapport au pic historique de 427000 tonnes qui remonte à la campagne 2004-2005.»

La campagne cotonnière 2016-2017 est la première depuis l'accession au pouvoir en 2016 de l'actuel chef de l'Etat béninois Patrice Talon, un ancien du secteur.

Son gouvernement a notamment mis fin au cadre institutionnel transitoire qui existait depuis 2012 et rétabli le partenariat entre l'Etat et l'Association interprofessionnelle du coton (AIC), cadre de concertations des acteurs de la filière.

L'AIC s'occupe notamment de la recherche, de encadrement des producteurs, de l'approvisionnement en intrants, de la qualité et de la commercialisation du coton graine.

Dès le début de la campagne écoulée, les intrants ont été distribués à temps et quelques 19,5 milliards de francs CFA dus aux producteurs au titre des impayés de la campagne 2015-2016 ont été réglés. Les dettes envers les transporteurs ont aussi été apurées, sans parler d'autres mesures, quelque peu controversées concernant la Société pour le Développement du Coton.

Certains observateurs établissent un lien entre ces actions et les résultats de la campagne 2016-2017, mais Jocelyn Nenehidini relève d'autres facteurs, notamment la pluviométrie.

« Pour la campagne 2016-2017, nous avons enregistré globalement sur le pays 1007 mm de pluie répartie sur 54 jours, alors que pour la campagne précédente, nous n'étions qu'à 878 mm de pluies réparties en 50 jours. Le deuxième facteur, c'est l'adhésion du producteur lui-même à la campagne. Au plan politique, au plan public comme au plan privé, il y avait un semblant d'harmonie retrouvée qui lui permettait de se rassurer qu'il ne pouvait pas perdre en s'engageant. Maintenant il y a l'environnement global. Il y a eu très peu de temps de discussion entre le public et le privé qui ont permis que la campagne démarre très tôt. Surtout que, au démarrage même de la campagne, les impayés qui avaient été cumulés sur la campagne précédente ont été rapidement épongés par ce même système nouveau qui a été mis en place ».

La campagne 2017-2018 commence avec de nouvelles réformes, notamment la liquidation de la Société Nationale de Promotion Agricole et bien d'autres structures de l'Etat intervenant dans le secteur cotonnier.

Une production de 500000 tonnes est envisagée pour cette nouvelle campagne.

Bob Quenum, Cotonou, BBC Afrique.

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