Algérie : "l'université a censuré ma thèse politique"

Leila Sidhoum affirme que son diplôme a été bloqué par le Doyen par intérim de l'Université Alger 3. Copyright de l’image Leila Sidhoum
Image caption Leila Sidhoum affirme que son diplôme a été bloqué par le Doyen par intérim de l'Université Alger 3.

Une doctorante algérienne, Leila Sidhoum, affirme que son université retient son diplôme, en raison de ses positions politiques contenues dans sa thèse.

Un responsable de la faculté a affirmé qu'il y avait des inquiétudes sur la façon dont elle y a présenté l'armée.

Leila Sidhoum accuse la Faculté des Sciences politiques de l'Université d'Alger 3 de censure et d'intimidation.

Elle a dit avoir brillamment défendu son travail devant un jury.

Mme Sidhoum, également assistante dans cette université, a mis l'accent sur le rôle de l'élite gouvernante dans la transition démocratique en Algérie, de 1989 à 2016.

Elle a indiqué, qu'après s'être conformée aux amendements du jury, son travail avait été validé avec une mention.

Cependant, son diplôme a été bloqué plus tard sur ordre du Doyen par intérim et sa thèse retirée de la bibliothèque universitaire, a-t- elle expliqué.

Un responsable de l'université, ayant requis l'anonymat, a déclaré à la BBC que cette thèse concernait des allégations et des affirmations idéologiques et non scientifiques sur l'armée.

Il a ajouté que les membres du jury n'ont pas pu vérifier la véracité de ses accusations contenues dans le document ainsi qu'à revoir ses standards.

Mme Sidhoum a affirmé avoir reçu l'ordre de supprimer des passages de sa thèse qui touche à l'armée, au président et au parti du Front Islamique du Salut (FIS).

Le FIS avait remporté le premier tour des premières élections multipartites en 1991, mais un conflit armé s'en était suivi après l'annulation du second tour par l'armée.

Environ 100.000 personnes avaient été tuées et des milliers d'autres portées disparues lors des affrontements.

Le gouvernement du président Abdelaziz Bouteflika, qui dirige le pays depuis 1999, avait passé un accord avec les groupes islamistes modérés ; cet accord a été ensuite adopté par référendum.

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