Ramaphosa va clôturer la conférence nationale de l'ANC

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Image caption Cyril Ramaphosa a devancé de 179 voix, sur moins de 5 000 votants, son adversaire Nkosazana Dlamini Zuma, soutenue par son ex-époux Jacob Zuma. Et il a échoué à obtenir la majorité au sein de la nouvelle direction de l'ANC, essentielle pour mener à bien ses réformes et se démarquer de l'ère Zuma. Les deux camps se sont parfaitement répartis les six postes clés du parti.

C'est le jour de clôture de la Conférence nationale de l'ANC à Johannesburg. Cyril Ramaphosa, le nouveau président du parti au pouvoir doit prononcer son premier discours en tant qu'homme fort de l'ANC.

Un discours qui devrait donner le ton de sa présidence et dans lequel il va certainement détailler ses priorités. L'un de ses défis : composer avec les proches de Jacob Zuma et il dispose d'une marge de manœuvre très faible.

En remportant l'élection à la présidence de l'ANC, Cyril Ramaphosa a sans doute fait un pas décisif vers celle de l'Afrique du Sud. Mais la joie de ses partisans s'est vite évaporée à la lecture de la composition de l'organigramme du parti.

Dans le camp de Cyril Ramaphosa, on fulmine après la désignation de David Mabuza et d'Ace Magashule aux postes de vice-président et de secrétaire général ainsi que devant le maintien de Jessie Duarte au vice-secrétariat général, car tous trois sont des proches de Jacob Zuma et dans la faction rivale de celle du nouveau dirigeant du parti.

Ramaphosa confronté à de nouvelles batailles

Les trois autres personnalités élues aux six plus haut postes de l'ANC font partie de la mouvance de Cyril Ramaphosa. Aujourd'hui, les résultats du vote des 80 membres du comité national exécutif vont être annoncés. Si ses soutiens obtiennent une forte majorité au sein de cet organe, Cyril Ramaphosa pourra certainement plus facilement mettre en œuvre ses reformes. Sinon, Il risque d'être bloqué à chaque tournant par les fidèles du chef de l'Etat.

Le parti est aujourd'hui très divisé, abîmé, en perte de vitesse dans les urnes et le premier défi du nouvel homme fort de l'ANC va être de mettre l'organisation en ordre de marche pour aller aux élections de 2019. Il devra donc unifier et faire des gestes forts, contre la corruption notamment.

Devant la presse, mardi, Cyril Ramaphosa a tenté de faire bonne figure, disant que la composition de l'organigramme de l'ANC reflétait la diversité du parti.

Certains analystes estiment que sa courte victoire est de nature à préserver l'unité du parti et qu'elle limite le risque d'éclatement du plus ancien mouvement de libération en Afrique.

Avec Sophie Ribstein,

Correspondante BBCAfrique à Johannesburg

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