L'archevêque de Kinshasa évoque "la barbarie" du pouvoir

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Image caption Selon l'archevêque de Kinshasa, le climat politique en RDC est caractérisé par "un regain de peur et d'énervement, d'incertitude sinon de panique".

L'influent archevêque de Kinshasa a qualifié mardi de "barbarie" la répression de la marche des catholiques contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

Dimanche, les forces de sécurité de la République démocratique du Congo ont réprimé des messes dans des églises à coups de gaz lacrymogène et empêché des marches interdites organisées à l'appel d'un collectif catholique, faisant douze morts selon les organisateurs.

"Nous ne pouvons que dénoncer, condamner et stigmatiser les agissements de nos prétendus vaillants hommes en uniforme qui traduisent malheureusement, et ni plus ni moins, la barbarie", a déclaré le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya.

L'épiscopat demande "une enquête sérieuse et objective pour établir les responsabilités" et condamne "l'atteinte à la liberté de culte garantie dans tout État démocratique, la profanation de certaines églises et l'agression physique des fidèles dont les servants de messe et les prêtres".

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Image caption Les catholiques congolais avaient appelé dimanche à une « marche pacifique », un an jour pour jour après la signature sous l'égide des évêques d'un accord prévoyant des élections fin 2017 pour organiser le départ du président Joseph Kabila.

L'internet a été rétabli

Selon l'archevêque de Kinshasa, les forces de sécurité sont intervenues lors de messes religieuses à coups de gaz lacrymogènes. Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement ne confirme pas : "On nous a dit ça. Nous enquêtons et nous attendons le résultat de l'enquête".

La police a rétorqué que les morts n'étaient pas des manifestants mais des "pillards" et des "bandits" tués loin des lieux des manifestations. Le gouvernement a fait état d'un policier tué le même jour dans "l'attaque" d'un commissariat de police.

Les marches de catholiques exigeaient l'application d'un accord de sortie de la crise née du maintien au pouvoir de Joseph Kabila, signé le 31 décembre 2016 et prévoyant l'élection fin 2017 d'un successeur. Le dernier mandat du président Kabila, au pouvoir depuis 2001. s'est achevé en décembre 2016 et la Constitution lui interdit de se représenter.

Mais l'accord, conclu entre le pouvoir et l'opposition sous l'égide des évêques, n'a pas été appliqué et un nouveau calendrier, récusé par l'opposition et la société civile, prévoit maintenant des élections à la fin de cette année.

Enfin, l'internet a été rétabli dans la nuit de lundi à mardi, après trois jours d'interruption décidée par les autorités à la veille des marches.

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