La Tunisie proteste contre la vie chère

Sihem Hassaini, Tunis, BBC Afrique

Une manifestation contre le chômage en Tunisie (photo d'archives) Copyright de l’image EPA
Image caption Une manifestation contre le chômage en Tunisie (photo d'archives)

Les manifestants protestent dans une dizaine de villes du pays. Lundi soir, des militaires ont été déployés à Kasserine, une ville située dans le centre de la Tunisie.

Les forces de sécurité font usage de gaz lacrymogènes pour disperser les foules, qui répliquent par des jets de pierres.

L'annonce par le gouvernement de certaines mesures d'austérité pour 2018 a mis en colère de nombreux Tunisiens.

L'économie tunisienne est en difficulté à cause surtout d'une forte baisse du nombre de touristes et du manque d'investissements étrangers.

Par dizaines, des jeunes descendent dans la rue pour manifester contre la hausse des prix et la pauvreté dans le pays. Certains manifestants ont mis en place un mouvement baptisé "Fech Testanew ?". Ce qui veut dire "Qu'attendez-vous ?"

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Image caption Par dizaines, des jeunes descendent dans la rue pour manifester contre la hausse des prix et la pauvreté en Tunisie (photo d'archives).

Lundi, en fin de journée, des manifestants se sont rassemblés devant les bâtiments abritant les bureaux du Premier ministre et de ses collaborateurs.

"Ça fait mal de voir les jeunes démunis au chômage, sacrifiés par le gouvernement, par le manque de soutien…" a lancé l'un des manifestants, reprochant aux autorités de ne pas prendre en compte les préoccupations de la jeunesse.

Depuis dimanche, la grogne sociale s'est emparée des régions du centre. A Sidi Bouzid, une marche a eu lieu dans le calme, pour dénoncer la cherté de la vie et le chômage. A El Kef, Thala et Kasserine, des violences ont éclaté entre les manifestants et les forces de l'ordre. Des pneus ont été incendiés par les manifestants.

L'Union générale des travailleurs (UGT) considère ces manifestations comme la continuité des revendications exprimées lors de la révolte de 2011.

"L'espoir est là. Les revendications sont anciennes, il reste justement la réalisation tout ce qui a été décidé par le gouvernement. Les principales revendications, c'est par exemple la réalisation d'un hôpital régional à Thala et les exploitations illicites des carrières de marbre", explique Mohamed Ben Taleb, un membre de l'UGT.

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Image caption La Tunisie est le berceau du Printemps arabe, les émeutes qui ont entraîné la chute certains chefs d'Etat du monde arabe, début 2011.

Depuis son investiture en août 2016, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a mené plusieurs réformes drastiques pour sauver l'économie du pays. Mais la hausse de la taxe sur la valeur ajoutée sur certains produits entraîne depuis plusieurs jours la hausse des prix de certaines denrées.

La Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH), elle, dénonce la répression menée par les forces de sécurité contre les manifestants.

"Nous suivons de près ce mouvement-là. Nous essayons d'encadrer les manifestants pour éviter des débordements et l'infiltration des casseurs pendant les manifestations de nuit surtout. La police doit être républicaine et appliquer la loi", avertit Walid Tlili, un militant de la LTDH.

Le gouvernement tunisien n'a pas encore réagi à ces dernières tensions considérées par les observateurs comme un défi pour le gouvernement de Youssef Chahed.

La Tunisie est le berceau du printemps arabe, les émeutes qui ont entraîné la chute de certains chefs d'Etat du monde arabe, début 2011. On peut citer le renversement des régimes de Hosni Mubarak, en Egypte, et de Ben Ali, en Tunisie.