RDC: 6 morts lors de marches anti-Kabila

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Image caption Six personnes ont été tuées dimanche en République démocratique du Congo lors de la dispersion par les forces de sécurité de marches contre le maintien au pouvoir du président Kabila, a indiqué l'ONU.

Le pape François s'est inquiété dimanche d'un nouvel épisode sanglant dans la crise politique en République démocratique du Congo, où la dispersion violente de marches contre le pouvoir a fait au moins six morts d'après un bilan provisoire des Nations unies.

"Aujourd'hui, des nouvelles très inquiétantes me parviennent de la République démocratique du Congo. Prions pour le Congo", a déclaré le souverain pontife depuis Lima, en référence à la répression des marches interdites lancées par un collectif catholique contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

Dans le centre de Kinshasa après la messe, plusieurs centaines de personnes avec des rameaux et des bibles ont marché sur deux kilomètres entre la paroisse Christ-Roi vers la place Victoire avant de se heurter aux forces de l'ordre.

Ils portaient des crucifix et des chapelets et chantaient en lingala "Maman Marie, viens sauver le pays". Des curés et un des leaders de l'opposition, Vital Kamerhe, avaient pris la tête du cortège.

La contestation du régime du président Kabila est incarnée par un proche du pape, le cardinal et archevêque de Kinshasa Laurent Monsengwo.

Un usage de la force disproportionnée

Dimanche soir alors que le calme était revenu, la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) avançait un bilan provisoire de six morts à Kinshasa, avec des "allégations d'autres victimes", selon sa porte-parole.

La Monusco a estimé que l'usage de la force avait été disproportionnée, avec des tirs de lacrymogènes mais aussi de balles réelles, parfois en rafales, selon les témoins de la mort d'une jeune femme.

Une des victimes a été tuée d'un tir à bout portant par un policier, qui a été arrêté et déféré devant la justice, a affirmé une source proche de la présidence.

Des observateurs des Nations unies déployés sur le terrain ont eux-mêmes été "menacés et molestés" à Kinshasa, selon la porte-parole de la Monusco, qui les avait déployés pour instruire "d'éventuelles violations des droits de l'homme".

De leur côté, les autorités congolaises parlent de deux morts à Kinshasa et de neuf policiers blessés, dont deux grièvement, selon le bilan du porte-parole de la police nationale.

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