Veolia traine le Gabon devant la Banque Mondiale

Le siège de la Société d'Energie et d'Eau du Gabon à Libreville. Copyright de l’image AFP
Image caption Le siège de la Société d'Energie et d'Eau du Gabon à Libreville.

Le groupe français Veolia porte son différend avec le gouvernement gabonais devant une instance de la Banque Mondiale.

L'entreprise a saisi vendredi le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements basé à Washington d'une demande de conciliation, après l'expropriation le 16 février de sa filiale gabonaise Société d'Energie et d'Eau du Gabon (SEEG).

Il est reproché à la filiale française de Veolia de causer des dommages à l'environnement, en sus de son mode de gestion décrié par le gouvernement gabonais.

Des accusations qui sont rejetées par Helman Le Pas de Sécheval, le secrétaire général de Veolia.

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Image caption Des membres de l'association "Sos consommateurs" du Gabon vilipendent Veolia.

"Ce n'est pas très crédible. Depuis l'origine, le gouvernement a deux représentants au conseil d'administration. Il a été capable de suivre tous ces sujets de qualité environnementale, de la gestion, faire procéder à tous les audits, avoir accès à des audits qui ont été faits dans le cadre de la concession", a déclaré M. de Sécheval.

Rappelant que Veolia ne possède que 51% de la SEEG, 49% étant détenues par des entreprises et des particuliers gabonais, il s'est dit surpris de cette accusation du gouvernement après une présence de 20 ans au conseil d'administration.

Selon lui, il ne peut y avoir qu'une raison politique à cette expropriation. Mieux, le secrétaire général de Veolia retourne les accusations contre le gouvernement gabonais.

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Il explique que contrairement à Veolia qui a rempli ses engagements, le gouvernement n'a pas investi dans les barrages, les centrales, les usines de production d'eau, comme auparavant.

"C'est cela qui est à l'origine des éventuels défauts de qualité de service comme les coupures d'eau et d'électricité qui se produisent effectivement au Gabon", soutient-il.

La SEEG détient le monopole de la distribution d'eau et d'électricité dans le pays qui organise des élections législatives dans quelques semaines.