Un djihadiste malien devant la CPI

Al Hassan Ag Abdoul Aziz est accusé de destruction de monuments et d'asservissement sexuel de femmes et de filles. Copyright de l’image EPA
Image caption Al Hassan Ag Abdoul Aziz est accusé de destruction de monuments et d'asservissement sexuel de femmes et de filles.

Le djihadiste malien Mohamed Abdelaziz Al Hassan a comparu pour la première fois devant la Cour pénale internationale (CPI). Il a été envoyé samedi dernier au siège de la CPI, à La Haye (Pays-Bas), par les autorités maliennes.

Mohamed Abdelaziz Al Hassan est poursuivi pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis lors de l'occupation de Tombouctou (nord du Mali) en 2012.

Vêtu d'un costume bleu marine, avec une cravate ajustée sur une chemise rose, le suspect n'a pas été très loquace au cours de cette première audience.

Mohamed Abdelaziz Al Hassan a confirmé son identité, a affirmé avoir pris connaissance des charges et a précisé qu'il n'en souhaitait pas la lecture.

Puis, s'exprimant en arabe, il a regretté avoir été placé dans une pièce où il y avait une caméra de surveillance.

Destruction des mausolées

La cellule de deux mètres sur cinq dans laquelle il réside désormais est constamment surveillée. C'est le cas pour tout nouveau pensionnaire, pendant les premiers jours à la CPI.

Son avocat estime que les conditions de sa détention nuisent à sa dignité et au respect de sa vie privée.

Arrêté par la force militaire "Barkhane" en avril 2017, Mohamed Abdelaziz Al Hassan n'en est pas à son premier jour de prison. A la CPI, cet ancien commissaire de la police islamique instaurée en 2012 à Tombouctou, lors de l'occupation du nord du Mali par Al-Qaïda au Maghreb islamique et Ansar Dine, est poursuivi pour viols, esclavage sexuel et lapidations ordonnés par le tribunal islamique.

Il doit aussi répondre de la destruction des mausolées de Tombouctou, comme son compatriote Ahmad al-Faqi al-Mahdi. Ce dernier a été jugé par la CPI en 2016 et a été condamné à 9 ans de prison après avoir plaidé coupable. Il avait accepté de coopérer avec le procureur.

On ne sait pas pour l'instant si Al Hassan décidera de suivre la même voie. Les charges portées contre lui sont plus lourdes : quatre crimes contre l'humanité et autant de crimes de guerre. L'audience de mise en accusation est fixée au 24 septembre.

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