Fin du voyage dans l'Ouest de Ouattara

Le président Ouattara serrant la main du père Cyprien Ahore à Duékoué. Copyright de l’image afp
Image caption Le président Ouattara serrant la main du père Cyprien Ahore à Duékoué.

Le président Alassane Ouattara a fini sa tournée dans l'ouest de la Côte d'Ivoire par les villes de Bangolo et Duékoué lundi après-midi. Le chef de l'Etat ivorien était arrivé samedi à Man. Dimanche il s'est rendu près de la frontière libérienne, à Toulepleu puis à Blolequin et Guiglo.

C'est la première fois que le président ivoirien se rendait dans cette région fortement marquée par la crise post-électorale après le refus de l'ancien président Laurent Gbagbo de reconnaître les résultats de l'élection présidentielle.

Le président Ouattara devait quitter la région Ouest mardi dans la journée.

Partout où le cortège présidentielle est passé les populations de l'Ouest se sont déplacées pour écouter Alassane Ouattara.

Il faut dire qu'il y avait beaucoup d'attentes de la part des habitants de cette région.

Le président Outtara a souhaité faire passer un message de paix et de réconciliation.

Il demande aux différentes communautés de re-vivrent ensemble et de se pardonner.

Il a aussi lancé un appel aux refugiés pour qu'ils rentrent.

Enfin il a annonce que les victimes et les familles des victimes de la crise seraient dédommagées.

Par ailleurs Allassane Ouattara a promis de nouvelles infrastructures pour la région, le bitumage de routes, et un renforcement des services de l'eau et de l'électricité ainsi que des emplois pour les jeunes.

En revanche le président Ouattara n'a pas abordé la situation sécuritaire qui est encore délicate, même si elle s'est considérablement améliorée ces derniers mois.

Lors de la crise post-électorale de décembre 2010 à avril 2011 l'Ouest, déjà fragilisé par 10 ans d'instabilité, a été fortement touché par les violences.

Un millier de personnes ont été tuées selon les Nations-Unies.

Des tueries ont attribuées aussi bien aux FRCI qui soutenaient Ouattara qu'à celles de Laurent Gbagbo, il y a eu beaucoup de destructions de biens.

Le 14 mars, une équipe de la Cour pénale internationale (CPI) s'est rendue à Duékoué pour enquêter après la découverte de charniers.

Aujourd'hui la stabilité de la zone reste encore fragile.

Il y a encore des milliers de déplacés qui vivent dans des camp et des milliers d'autres sont toujours réfugiés dans les pays voisins, Libéria et Guinée.

Si dans les villes la réconciliation semble en bonne voix entre autochtones et populations originaires d'autres régions ou d'autres pays ce n'est pas toujours le cas dans les villages.

Les conflits fonciers enveniment les relations et les habitants se plaignent du manque de sécurité et de la présence des "dozos", les chasseurs traditionnels du nord, supplétifs des forces pro- Ouattara pendant le conflit et qui sont restés sur place depuis.

Ils sont souvent critiqués en raison des exactions qui leur sont imputées.