Joola : l'affaire n'est pas close en France

  • 25 septembre 2012

Depuis que le ferry sénégalais Joola a chaviré aux larges des côtes de la Gambie, le 26 septembre 2002, une seule personne a été officiellement désignée comme responsable d'une des pires tragédies maritimes qui a coûté la vie à près de 2000 personnes. Il s'agissait du capitaine Issa Diarra qui est officiellement décédé dans le naufrage.

Grâce ou à cause de cette disparition, les autorités sénégalaises ont dès le mois d'août 2003 - moins d'un an après le naufrage - clos le dossier parce que dans leur argumentation c'était lui le principal responsable. Personne n'a été inculpé ni jugé, aucun procès n'a été intenté mais les familles de victimes ont été indemnisées sur décision du président Abdoulaye Wade. Chacune de ses familles devait percevoir 10 millions de francs CFA par victime. Rares sont celles qui ont refusé.

Et pourtant le capitaine Diarra n'arrivait qu'à la fin d'une chaîne de négligences graves. Si le bateau a été surchargé de passagers et de marchandises mal réparties et mal arrimées, les enquêtes ont montré qu'il n'aurait pas dû prendre la mer parce qu'il n'était pas ni techniquement ni même administrativement en règle.

Au-delà du défunt capitaine, le rapport d'enquête officiel sénégalais désigne implicitement de nombreuses autres responsabilités pénales et politiques. Aujourd'hui des mandats d'arrêts émis par la justice française concernent toujours 7 personnalités politiques et militaires sénégalaises.

Vingt deux ressortissants français ont perdu la vie dans cette tragédie, il y a 10 ans et en France contrairement au Sénégal, l'action suit toujours son cours pour homicide involontaire et non assistance à personne en danger. L'instruction a été ouverte en France en avril 2003 et si le parquet d'Evry a requis un non-lieu, en 2011, les 7 personnalités sénégalaise visées par les mandats français ne sont pas encore tirées d'affaire.

En novembre prochain, la Cour de cassation de Paris examinera les recours de 6 d'entre elles pour déterminer si elles peuvent faire valoir l'immunité de juridiction des organes de l'Etat devant des tribunaux étrangers.

Dix ans après les familles des victimes françaises ne sont toujours pas fixées tandis qu'au Sénégal, certains espèrent toujours un procès.