Egypte: les deux camps s’affrontent

Image caption Des manifestants pro-Morsi tentent de détenir un manifestant anti-Morsi, lors d'affrontements devant le palais présidentiel au Caire le 5 décembre.

Des violents affrontement ont éclaté mercredi devant le palais présidentiel égyptien entre partisans et opposants du président islamiste Mohamed Morsi.

Lors de batailles rangées, les deux camps ont échangé des jets de pierres et de cocktails molotov, alors que des voitures étaient incendiées.

Des témoins disent avoir entendus des coups de feu, et font état de blessés.

Les abords du palais au Caire ont été, pour la deuxième journée consécutive, l'épicentre des tensions provoquées par la plus grave crise politique en Egypte depuis l'élection en juin de Mohamed Morsi.

Les affrontements se sont produits après que les Frères musulmans, la confrérie islamiste dont est issu le président, a appelé des milliers de ses partisans à se rendre au palais, où les manifestants del’opposition s'étaient installé depuis mardi pour protester contre le projet de Constitution et les pouvoirs élargis que le président s’est arrogé par décret.

Les pro-Morsi ont démantelé les tentes dans lesquelles de petits groupes d'anti-Morsi avaient passé la nuit.

Les violences ont ensuite repris en fin d'après-midi, avec beaucoup plus d'intensité.

Les témoignages des manifestants traduisaient une société profondément divisée, près de deux ans après la révolte qui a conduit à la chute du régime de Hosni Moubarak.

Référendum maintenu

L'opposant Mohamed ElBaradei a fait porter au président égyptien Mohamed Morsi la responsabilité des violences, ajoutant que le régime perdait de sa légitimité.

Le référendum contesté sur un projet de Constitution en Egypte sera maintenu à la date prévue, le 15 decembre, malgré les manifestations de protestation, a annoncé le vice-président égyptien.

Mahmoud Mekki a appelé l'opposition à mettre par écrit ses critiques contre certains articles du projet pour qu'elles soient examinées.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton estimé que "les troubles auxquels nous assistons actuellement démontrent la nécessité urgente d'un dialogue" entre les parties rivales égyptiennes.

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